Depuis le 1er juillet 2026, une plateforme crypto ne peut plus servir de clients français sans agrément MiCA. Coinbase, Kraken ou Bitpanda l'ont, Binance ne l'a pas, et deux minutes sur le registre de l'ESMA suffisent pour vérifier n'importe quelle autre.
Le tableau ci-dessous est celui de notre page d'accueil. Chaque statut y est recoupé avec le registre de l'ESMA et la liste blanche de l'AMF, et nous le corrigeons dès qu'un statut change. Un clic sur une plateforme ouvre sa fiche.
Les plateformes crypto agréées MiCA que nous suivons
Statuts vérifiés le 21/09/2026 · depuis le 1er juillet 2026, seules les plateformes agréées MiCA peuvent servir les résidents français.Toutes nos fiches →
Le vert signifie que la plateforme est agréée et peut légalement vous servir en France. L'orange signale un cas particulier : agrément valide mais activité bloquée, ou acteur hors du cadre européen. Le rouge, une plateforme fermée aux résidents français ou jamais autorisée.
Pour les onze plateformes en vert, voici l'entité qui porte réellement l'agrément. C'est ce nom, et pas la marque, que vous retrouverez dans les registres officiels.
Les dates sont celles du registre de l'ESMA. L'AMF affiche parfois une date plus tardive, qui correspond au début des services en France et non à l'agrément lui-même.
Les autres plateformes agréées MiCA accessibles en France
347 prestataires sont agréés dans l'Union européenne, dont 35 directement par l'AMF, selon notre décompte du registre de l'ESMA mis à jour le 16 septembre 2026.
193 d'entre eux peuvent servir des clients en France, avec un agrément français ou grâce au passeport européen. Notre tableau n'en suit qu'une partie, les plus utilisées.
Parmi eux, ces plateformes grand public sont agréées et accessibles aux résidents français :
MoonPay est un cas à part : ce n'est pas un exchange mais un service d'achat par carte, celui qui s'affiche derrière le bouton « Acheter » de nombreux wallets. Agréé, mais cher, comme on l'explique dans notre avis sur MoonPay.
Les plateformes qui ne sont pas (ou plus) autorisées en France
Le 2 juillet 2026, tous les enregistrements PSAN qui n'avaient pas été remplacés par un agrément MiCA sont devenus caducs. L'AMF l'a rappelé à plusieurs reprises : continuer à servir des clients français sans agrément expose à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende.
Binance : aucune entité du groupe ne figure au registre de l'ESMA. Depuis le 1er juillet 2026, plus de trading, plus de dépôt en euros ni d'ouverture de compte pour les Français. Les retraits restent possibles. La presse évoque une nouvelle demande auprès de l'AMF, sans confirmation officielle à ce jour. Le détail est dans notre fiche Binance.
Bitget : services arrêtés pour les résidents français le 31 mars 2026. Une demande d'agrément a été déposée en Autriche, elle n'a pas abouti à ce jour. Voir la fiche Bitget.
KuCoin : c'est le cas le plus trompeur. KuCoin EU Exchange GmbH est bien agréée en Autriche depuis novembre 2025 et figure au registre. Mais la FMA, le régulateur autrichien, lui interdit toujours de démarrer son activité. Un agrément sur le papier ne suffit pas : la plateforme doit aussi avoir le droit d'opérer. Voir la fiche KuCoin.
MEXC : jamais agréée, inscrite sur la liste noire de l'AMF et signalée par l'ESMA parmi les entités non conformes. Voir la fiche MEXC.
Deribit : absente du registre. La plateforme de dérivés, rachetée par Coinbase, opère sous licence de Dubaï. Pour les dérivés régulés en Europe, Coinbase passe par une autre entité, sous licence MiFID II.
HTX et BitMEX : aucune entité agréée au registre de l'ESMA.
Hyperliquid : exchange décentralisé de perpétuels, sans agrément ni KYC. Ses conditions n'excluent pas la France, mais un utilisateur n'a aucun recours. Voir notre avis sur Hyperliquid.
Une plateforme absente de cette liste n'est pas forcément autorisée pour autant. La seule réponse fiable, c'est le registre.
Comment vérifier soi-même l'agrément MiCA d'une plateforme
L'AMF et l'ESMA publient chacune leur liste. La première se consulte en une recherche, la seconde est plus complète : regardez les deux.
La liste blanche de l'AMF. Sur la page listes blanches de l'AMF, tapez le nom dans le champ de recherche. Les plateformes crypto y apparaissent avec la catégorie PSCA (prestataire de services sur crypto-actifs), y compris celles agréées dans un autre pays et passeportées en France. La liste est téléchargeable en CSV.
Le registre de l'ESMA. L'autorité européenne publie le registre intérimaire MiCA sur sa page consacrée à MiCA, sous forme de fichiers CSV mis à jour chaque semaine. Le fichier des prestataires (CASPS) indique, pour chaque entité, l'autorité qui l'a agréée, la date et la liste des pays où elle peut exercer. Vérifiez que « FR » figure dans cette liste.
La liste noire. Si la plateforme n'apparaît nulle part, consultez aussi les listes noires de l'AMF et le fichier NCASP de l'ESMA, qui recense les acteurs signalés comme non conformes.
Le piège classique : chercher la marque au lieu de l'entité. Tapez « OKX » dans la liste blanche de l'AMF et vous ne trouverez rien. La plateforme y figure sous son ancien nom légal :
OKX apparaît sur la liste blanche de l'AMF sous le nom OKCoin Europe Limited, autorisée en France depuis le 15 février 2025 (capture Docucrypto, septembre 2026).
Deuxième piège : le domaine. Une même marque peut exploiter un site agréé et un autre qui ne l'est pas. Chez Bybit, l'agrément couvre bybit.eu, pas bybit.com. Vérifiez que le site sur lequel vous ouvrez votre compte est bien celui de l'entité européenne.
Quelle plateforme agréée MiCA choisir selon votre profil
Toutes les plateformes en vert respectent les mêmes règles de base. Elles se distinguent par leurs frais, leur catalogue et l'usage auquel elles sont destinées.
Vous débutez : Coinbase reste la plus simple à prendre en main, au prix de frais élevés sur l'achat instantané.
Vous voulez payer le moins possible : OKX a les frais les plus bas du marché régulé.
MiCA, PSAN, CASP : ce que l'agrément garantit, et ce qu'il ne garantit pas
MiCA est le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs. Il remplace, depuis la fin de la période transitoire, l'ancien enregistrement PSAN créé par la loi PACTE. Les plateformes agréées sont appelées CASP en anglais, PSCA en français. Pour le détail du texte, lisez notre explication du règlement MiCA.
Concrètement, une plateforme agréée doit :
séparer vos crypto-actifs de ses propres fonds, pour qu'ils ne soient pas engloutis en cas de faillite ;
détenir des fonds propres minimum et une gouvernance validée par le régulateur ;
traiter les réclamations selon une procédure encadrée ;
Ce que MiCA ne fait pas : garantir vos avoirs. Il n'existe pas d'équivalent du fonds de garantie des dépôts bancaires pour les cryptos. L'agrément ne vous protège pas non plus de la baisse des cours, ni d'une erreur d'envoi vers la mauvaise adresse. Le risque de contrepartie baisse, mais il existe toujours.
Votre plateforme n'est plus autorisée : que faire
Si vous avez encore des fonds sur une plateforme en rouge, pas de panique, mais n'attendez pas.
Vérifiez que les retraits sont ouverts et lisez les e-mails de la plateforme, spams compris : les conditions de sortie y sont annoncées, avec leurs dates.
Exportez votre historique de transactions avant toute chose. Vous en aurez besoin pour votre déclaration fiscale, et certaines plateformes coupent l'accès aux exports avant de fermer les comptes.
Ouvrez un compte sur une plateforme agréée et passez la vérification d'identité (le KYC) avant de transférer quoi que ce soit.
Transférez vos cryptos vers ce nouveau compte ou vers un wallet personnel. Un transfert entre vos propres comptes n'est pas imposable en France.
Méfiez-vous enfin des messages qui promettent de « débloquer » ou de « migrer » vos fonds contre paiement : ce sont des arnaques. Les plus courantes sont décrites dans notre guide des arnaques crypto.
Plateformes crypto agréées MiCA : les questions fréquentes
Qui a l'agrément MiCA en France ?
Selon le registre de l'ESMA de septembre 2026, 35 prestataires sont agréés directement par l'AMF, dont Coinhouse, Paymium, Meria, Deskoin et SwissBorg. Mais 193 prestataires peuvent servir des clients français, car un agrément obtenu dans un autre pays de l'Union s'étend à la France grâce au passeport européen. C'est le cas de Coinbase, Kraken, OKX ou Bitpanda.
Quelle appli crypto est autorisée MiCA ?
Coinbase, OKX, Kraken, Trade Republic, Bitpanda, Bybit (via bybit.eu), Gate, Revolut, Crypto.com, ainsi que les françaises Bitstack et Meria, sont agréées et accessibles en France. Pour toute autre application, cherchez le nom de l'entité dans la liste blanche de l'AMF.
Pourquoi Binance n'a pas l'agrément MiCA ?
Binance n'a obtenu d'agrément MiCA dans aucun pays de l'Union avant la fin de la période transitoire. Son enregistrement PSAN français est devenu caduc le 2 juillet 2026, et la plateforme a dû suspendre le trading pour ses clients français. Elle n'a pas communiqué de calendrier officiel pour un retour.
Une plateforme agréée dans un autre pays est-elle légale en France ?
Oui, si elle a notifié la France dans son passeport européen. C'est ce que vérifie la colonne des pays dans le registre de l'ESMA, et c'est pour cela que la liste blanche de l'AMF inclut des plateformes agréées à Malte, en Irlande ou au Luxembourg.
Quelle plateforme crypto est sur la liste noire de l'AMF ?
MEXC y figure, parmi des centaines de sites non autorisés. La liste noire évolue chaque semaine : consultez-la directement sur le site de l'AMF plutôt que de vous fier à une liste recopiée.
Quelle est la plateforme crypto la plus fiable ?
Aucune plateforme n'est sans risque, mais l'agrément MiCA est le premier filtre. Parmi les plateformes agréées, Kraken n'a jamais perdu de fonds clients dans un piratage en quinze ans d'existence, et Coinbase est cotée en bourse, ce qui l'oblige à publier ses comptes. Le choix dépend ensuite de vos frais et de votre usage.
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Laurent Mercier
Analyste crypto indépendant depuis 2017. Spécialiste DeFi, sécurité on-chain et infrastructure blockchain.