Qu'a exactement autorisé le régulateur américain ?

L'Office of the Comptroller of the Currency, l'autorité fédérale qui délivre les charters bancaires aux États-Unis, a accordé son agrément définitif à Ripple National Trust Bank (RNTB). Ripple a annoncé la décision lundi. Elle referme un dossier ouvert par un agrément conditionnel le 12 décembre 2025. Le charter couvre deux activités. L'établissement peut gérer les réserves qui adossent RLUSD, le stablecoin en dollars de Ripple, et agir comme fiduciaire du collatéral au bénéfice des détenteurs du jeton. Il peut aussi fournir des services de conservation et des services fiduciaires à des clients entreprises détenant des actifs numériques. Selon CryptoBriefing, la banque est domiciliée à New York et son numéro de charter proposé est le 25364.

Qu'est-ce qu'une national trust bank ?

Il s'agit d'un établissement à charter fédéral dont le métier est de détenir et d'administrer des actifs pour le compte de tiers. L'OCC précise, selon Cointelegraph, que la plupart de ces banques ne collectent pas de dépôts, n'accordent pas de prêts et ne bénéficient pas de la garantie de la Federal Deposit Insurance Corporation. Les termes de l'agrément de RNTB limitent ses opérations aux activités fiduciaires. La conséquence est directe pour le modèle économique de Ripple : la croissance de cette entité dépendra de la demande en conservation et en gestion de réserves, puisque le charter ne permet pas de bâtir une activité de crédit. Cette conservation pour compte de tiers s'oppose à la détention de ses propres clés privées, qui reste le choix de beaucoup de particuliers.

Qui émet RLUSD désormais ?

RLUSD continuera d'être émis par Standard Custody & Trust Company, la société fiduciaire à objet limité de Ripple, régulée par le New York Department of Financial Services. L'arrivée de RNTB place donc les dispositions de réserve du jeton arrimé au dollar sous le regard de deux autorités, l'OCC au niveau fédéral et le NYDFS au niveau de l'État de New York. Cette double surveillance porte sur la gestion des réserves, pas sur une garantie publique de la valeur du jeton. Une banque fiduciaire de ce type n'est pas couverte par l'assurance des dépôts, et la parité d'un stablecoin dépend de la composition et de la disponibilité effective de ses réserves.

Où en sont les autres dossiers crypto à l'OCC ?

Ripple n'est pas seule dans la file. D'après Cointelegraph et CryptoBriefing, plusieurs sociétés du secteur suivent le même parcours, à des stades différents :

  • Circle a obtenu son agrément final en juillet, pour une entité baptisée First National Digital Currency Bank.
  • Coinbase en est resté au feu vert préliminaire reçu en avril.
  • Crypto.com et Bridge, filiale de Stripe, ont reçu des agréments conditionnels en février.
  • Paxos et BitGo figuraient dans la même fournée conditionnelle que Ripple en décembre 2025.

Le charter donne à Ripple une activité distincte de son propre stablecoin, ce qui le met en concurrence plus directe avec BitGo et Paxos sur la conservation, et avec Circle, dont l'USDC sert de référence aux institutions soucieuses de conformité.

Pourquoi ces agréments arrivent maintenant ?

La vague de demandes a suivi l'entrée en vigueur du GENIUS Act en juillet 2025, la loi qui a posé un cadre fédéral pour les stablecoins en dollars aux États-Unis. Avant ce texte, les émetteurs américains dépendaient pour l'essentiel de régimes d'État, comme celui du NYDFS à New York. Sur X, Brad Garlinghouse, directeur général de Ripple, a écrit que la crypto et les banques fonctionnent mieux ensemble et a mis en avant l'idée d'une supervision fédérale assortie de responsabilité. Ripple n'a pas communiqué de date d'ouverture de la banque à ses clients.