Vous avez sûrement déjà vu MoonPay sans le chercher : c'est le bouton « Acheter » qui apparaît dans Ledger Live, MetaMask ou Phantom quand votre wallet est vide. Cet avis MoonPay répond à la seule question qui compte vraiment : la société est parfaitement en règle, mais combien vous coûte ce raccourci ? On a démonté les trois étages de frais, y compris celui que MoonPay ne facture même pas lui-même, et trouvé la façon de payer 0 % de commission sur la même plateforme.
Notre avis sur MoonPay en 30 secondes
MoonPay fait très bien une chose : transformer une carte bancaire en crypto directement dans le wallet, en trois minutes, sans ouvrir de compte sur un exchange. Le service est agréé, il figure sur la liste blanche de l'AMF, et rien dans son dossier ne ressemble à une arnaque. Le problème n'est pas la fiabilité, c'est le prix, et surtout son opacité. Un achat par carte revient couramment à 7 ou 8 % du montant une fois le spread compté, contre 0,1 à 1 % sur une plateforme agréée classique. Sur 1 000 euros, l'écart dépasse 70 euros.
Nuance importante, et c'est le point que tous les avis français ratent : MoonPay propose depuis peu un solde préchargé, le MoonPay Balance, et les achats faits depuis ce solde ne supportent aucune commission MoonPay. Le service peut donc être très cher ou presque gratuit selon la porte que vous empruntez. On détaille les deux plus bas.
| Critère | Note | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|---|
| Rapidité et simplicité | 4,5/5 | Achat bouclé en quelques minutes, sans quitter son wallet |
| Frais par carte | 2/5 | Jusqu'à 4,5 %, minimum 3,99 $, plus le spread |
| Frais via le MoonPay Balance | 4,5/5 | 0 % de commission MoonPay, seul le spread demeure |
| Transparence tarifaire | 1,5/5 | Spread invisible et commission du partenaire jamais nommée |
| Régulation | 4,5/5 | Agrément MiCA néerlandais, liste blanche AMF |
| Choix de cryptos | 3,5/5 | Plus de 100 actifs, largement suffisant pour la plupart |
| Garde de vos fonds | 4/5 | La crypto part dans votre wallet, MoonPay ne la conserve pas |
| Service client | 2/5 | Tickets et centre d'aide, pas de téléphone, délais variables |
| Note globale | 3/5 | Excellent dépannage, mauvaise habitude si vous ne changez rien |
Pour qui c'est fait : celui qui a besoin de 50 euros de SOL tout de suite pour payer des frais de réseau, l'utilisateur de wallet non-custodial qui ne veut pas créer un énième compte, et le curieux qui teste la crypto avec une petite somme. Pour qui ça ne l'est pas : toute personne qui investit régulièrement par carte sans jamais regarder la ligne de frais. À ce niveau, le surcoût n'a plus aucune justification.
MoonPay, c'est quoi exactement ?
Premier malentendu à lever : MoonPay n'est pas un exchange. Il n'y a ni carnet d'ordres, ni paires de trading, ni portefeuille où stationner des fonds en attendant une bonne occasion. C'est un on-ramp, une passerelle entre votre carte bancaire et une adresse crypto. Vous payez en euros, la crypto part directement vers le wallet que vous indiquez, et la transaction s'arrête là.
Une société de 2019 devenue une brique d'infrastructure
MoonPay a été fondée en 2019 par Ivan Soto-Wright, Victor Faramond et Maximilian Crown. La société lève 555 millions de dollars fin 2021 auprès de Tiger Global et Coatue, sur une valorisation de 3,4 milliards, en pleine euphorie NFT. Elle a depuis racheté Helio et Iron pour élargir son offre aux paiements crypto, et revendique aujourd'hui plus de 35 millions de comptes vérifiés dans 180 pays.
Pourquoi vous croisez MoonPay sans l'avoir cherché
Le vrai modèle de MoonPay, c'est le B2B. La société vend son widget d'achat à d'autres applications, qui l'intègrent chez elles. Résultat : le bouton « Buy crypto » de Ledger Live, de MetaMask, de Trust Wallet, de Phantom ou de centaines de marketplaces NFT ouvre souvent une fenêtre MoonPay. Plusieurs centaines d'applications l'ont embarqué.
C'est une position confortable, et c'est aussi ce qui explique les frais. MoonPay ne se bat pas pour vous attirer face à Coinbase ou Kraken. Il apparaît au moment précis où vous avez besoin de crypto tout de suite, dans une interface où aucun prix concurrent n'est affiché. Personne ne compare, donc personne ne négocie.
Ce que MoonPay n'est pas
Trois confusions reviennent sans arrêt, autant les évacuer maintenant. MoonPay n'est pas une banque : le solde MoonPay Balance n'est pas un compte de dépôt et ne bénéficie d'aucune garantie des dépôts. MoonPay n'est pas un exchange : vous ne passez pas d'ordres, vous acceptez un prix. Et MoonPay n'a pas de jeton : aucune cryptomonnaie ne porte ce nom, si quelqu'un vous propose d'acheter du « MoonPay token », c'est une arnaque, comme celles que nous décrivons dans notre guide des arnaques crypto les plus courantes.
Les frais MoonPay : le vrai chiffre à connaître
C'est le point sur lequel la plupart des avis restent flous. On va donc être précis, parce que la différence entre le tarif annoncé et le coût réel se joue sur trois étages, pas un seul.
Étage 1 : les frais affichés
La grille officielle tient en deux lignes. Jusqu'à 4,5 % pour un paiement par carte bancaire (Visa, Mastercard, Apple Pay, Google Pay), 1 % pour un virement bancaire SEPA. Le plancher, lui, dépend de la façon dont vous arrivez : la documentation tarifaire de MoonPay indique un minimum de 3,99 dollars en accès direct, qui passe à 4,50 dollars quand l'achat vient d'un partenaire. Pour une devise autre que le dollar, ce minimum est majoré d'un montant compris entre 0,25 % et 10 %. À cela s'ajoutent les frais de réseau de la blockchain concernée, qui n'appartiennent pas à MoonPay mais que vous payez quand même.
Ce plancher mérite qu'on s'y arrête. Sur un achat de 50 euros, il représente à lui seul environ 8 % du montant. Les petits achats, c'est-à-dire exactement ce que MoonPay est censé servir, sont proportionnellement les plus punis.
Étage 2 : le spread, la partie qui n'apparaît nulle part
MoonPay ne vous vend pas la crypto au cours du marché. Le prix affiché dans le widget intègre une marge, le spread, que la documentation justifie par « la volatilité de l'actif numérique » et qui n'est jamais présentée comme un frais. Un comparatif d'on-ramps publié en 2026 a relevé MoonPay cotant le Bitcoin à 106 231 dollars quand le marché était à 101 752, soit 4,31 % d'écart avant même de compter les 4,5 % de frais de carte.
Ce spread varie selon la crypto, le montant et le moment. Il est généralement plus élevé sur les altcoins que sur le Bitcoin. En pratique, comptez 2 à 4 points supplémentaires à ajouter mentalement au tarif annoncé. Le principe n'a rien d'illégal et il n'est pas propre à MoonPay, on le retrouve chez tous les on-ramps et chez la plupart des néobanques, mais il change complètement le calcul.
Étage 3 : la commission du partenaire, le frais dont personne ne parle
Voici le point le plus intéressant, et celui qu'aucun avis français ne mentionne. MoonPay autorise chaque application qui intègre son widget à ajouter sa propre commission par-dessus la sienne. La documentation partenaire est explicite : le champ de frais du tableau de bord est plafonné à 5 %, et au-delà il faut négocier avec un commercial. Cette ligne s'appelle l'ecosystem fee dans la grille tarifaire officielle, définie comme « un pourcentage fixé par chaque partenaire ».
Conséquence concrète : le même achat de 200 euros de Bitcoin ne coûte pas la même chose selon l'application depuis laquelle vous cliquez. Deux wallets qui affichent tous les deux « powered by MoonPay » peuvent pratiquer des prix très différents, sans que rien à l'écran ne vous l'indique. Et comme un achat référé démarre déjà à 4,50 dollars de minimum au lieu de 3,99, passer par le site moonpay.com plutôt que par le bouton de votre wallet est mécaniquement moins cher, à moyen de paiement identique.
Ce que ça donne selon le montant
Le tableau ci-dessous applique un scénario carte bancaire avec un spread prudent de 3 % et sans commission de partenaire, comparé à un exchange agréé facturant 0,10 % avec dépôt SEPA gratuit.
| Montant payé | Coût total MoonPay (carte) | Coût sur un exchange à 0,10 % | Différence |
|---|---|---|---|
| 50 € | ≈ 5,50 € (11 %) | 0,05 € | 5,45 € |
| 100 € | ≈ 7,50 € (7,5 %) | 0,10 € | 7,40 € |
| 500 € | ≈ 37,50 € (7,5 %) | 0,50 € | 37 € |
| 1 000 € | ≈ 75 € (7,5 %) | 1 € | 74 € |
| 5 000 € | ≈ 375 € (7,5 %) | 5 € | 370 € |
Passer par virement SEPA au lieu de la carte fait tomber la part « frais » de 4,5 % à 1 %, ce qui ramène le coût total autour de 4 %. C'est déjà nettement mieux, mais l'intérêt principal de MoonPay, l'instantanéité, disparaît avec le virement. Notre guide sur l'achat de crypto par carte bancaire détaille les frais réels de chaque méthode.
La méthode pour payer 0 % de frais MoonPay
C'est l'information la plus utile de cette page, et elle est enterrée dans la documentation. MoonPay propose un solde préchargé, le MoonPay Balance, disponible dans l'Espace économique européen en euros. Vous l'alimentez par virement SEPA, SEPA Instant, open banking, PayPal ou Apple Pay. Et la grille tarifaire officielle est formelle : « l'utilisation du solde fiat MoonPay pour les transactions d'achat et de vente n'entraîne aucun frais MoonPay ».
Autrement dit, vous transférez 500 euros une fois sur votre solde, et vous achetez ensuite sans payer les 4,5 % ni le minimum de 3,99 dollars. Il reste le spread intégré au cours, qui ne disparaît pas, mais l'étage le plus cher de la facture saute. Quelques précisions avant de vous jeter dessus :
- L'alimentation du solde peut supporter un petit frais selon la méthode choisie dans l'EEE. Le montant s'affiche avant validation, vérifiez-le.
- Le compte bancaire utilisé doit être à votre nom, et le retrait ne peut se faire que vers le compte qui a servi à l'alimenter.
- Un retrait vers la banque prend en général quelques minutes, mais peut monter à 3 jours ouvrés.
- Les fonds sont logés dans un compte bancaire détenu par une fondation indépendante, conformément aux obligations de cantonnement de MiCA. Ils sont donc séparés des actifs et des créanciers de MoonPay. Ce n'est pas la garantie des dépôts de 100 000 euros, mais c'est une protection réelle.
Si vous devez utiliser MoonPay régulièrement, par exemple parce que votre wallet ne propose que ça, c'est la seule configuration qui tient économiquement.
Tous les produits MoonPay, au-delà de l'achat
MoonPay a nettement débordé de son métier d'origine. Voici l'état des lieux en juillet 2026, y compris ce qui a été abandonné en route.
| Produit | À quoi ça sert | Coût | Statut |
|---|---|---|---|
| Achat (Buy) | Carte ou virement vers une adresse crypto | Jusqu'à 4,5 % carte, 1 % SEPA, plus le spread | Actif |
| Vente (Sell) | Crypto vers compte bancaire ou carte | Même grille, spread en sens inverse | Actif |
| MoonPay Balance | Solde en euros préchargé dans l'app | 0 % à l'achat et à la vente | Actif (US, UK, EEE) |
| Swap / DeFi trading | Échange de tokens sans passer par l'euro | 0,8 %, minimum 0,25 $ | Actif, Solana uniquement |
| MoonTags | Envoi de crypto via un pseudo, sans adresse | Frais de réseau | Actif depuis septembre 2025 |
| MoonPay Pots | Staking liquide SOL et USDC | Jusqu'à 8,49 % de rendement annoncé | Arrêté |
| MoonAgents Card | Mastercard virtuelle adossée aux stablecoins | Non communiqué | UK et Amérique latine, Europe annoncée |
| MoonPay Trade | Accès DeFi et actifs tokenisés par API | Tarification sur mesure | Actif, réservé aux pros |
Le swap : correct, mais uniquement sur Solana
MoonPay permet d'échanger des tokens entre eux sans repasser par l'euro. La facturation est claire pour une fois : 0,8 % par swap, avec un minimum de 0,25 dollar. C'est bien plus raisonnable que la grille d'achat. Le bémol est ailleurs : la fonction ne couvre aujourd'hui que Solana, avec l'USDC comme paire de référence. Vous ne swapperez pas de l'ETH contre du LINK ici. MoonPay précise aussi que vous traitez en réalité avec des places décentralisées, pas avec lui, et prévient sur le risque de liquidité et de bug de smart contract. Si le sujet vous intéresse, notre guide sur l'achat sur un DEX explique ce qui se passe réellement derrière ce genre d'échange.
MoonTags : envoyer de la crypto sans adresse
Lancé en septembre 2025, MoonTags attribue à chaque utilisateur un pseudo du type @prenom, personnalisable, qui remplace l'adresse de portefeuille. Vous cherchez le pseudo de votre destinataire, vous choisissez la crypto, vous envoyez, et il n'y a ni chaîne à sélectionner ni chaîne de 42 caractères à recopier. Les fonds circulent entre les adresses non-custodiales rattachées aux comptes. C'est une bonne réponse à un vrai problème : l'erreur d'adresse reste l'une des façons les plus bêtes de perdre ses cryptos, au même titre que l'address poisoning. La limite est évidente : les deux personnes doivent avoir un compte MoonPay.
Le staking : c'est fini
MoonPay avait lancé en 2025 les Pots, un produit de staking liquide sur Solana avec un rendement annoncé jusqu'à 8,49 %, un ticket d'entrée à 1 dollar et une distribution des récompenses tous les deux jours. Sous le capot, le SOL était staké chez un validateur opéré par Kiln et représenté par un jeton de staking liquide, le mpSOL, émis par le protocole Sanctum. Le produit a été arrêté pour faible adoption. Plus aucune création de Pot n'est possible ; les positions existantes restent consultables et retirables à tout moment, sans période de blocage. Si vous cherchez du rendement, notre guide du staking pour débutants couvre les options qui, elles, existent encore.
MoonPay Trade et l'offre pro : ce n'est pas pour vous
Le bandeau qui s'affiche en haut du site parle de MoonPay Trade, lancé le 21 mai 2026. Il s'agit d'une plateforme d'exécution destinée aux banques, fintechs et institutionnels, qui donne accès à plus de 200 chaînes et protocoles via une seule API, avec des connexions à Morpho, Aave ou Maple Finance. Même logique pour MoonPay Commerce, les Virtual Accounts et MoonAgents. Ces produits expliquent la trajectoire de la société, qui glisse du grand public vers l'infrastructure, mais ils ne changent rien à votre achat de 200 euros de Bitcoin.
MoonPay est-il fiable et sécurisé ?
Sur ce terrain, le dossier est solide, et il faut le dire clairement pour éviter la confusion habituelle entre « cher » et « douteux ».
Agrément MiCA et liste blanche de l'AMF
L'entité européenne Moonpay Europe B.V. détient un agrément de prestataire de services sur crypto-actifs délivré par l'AFM néerlandaise, obtenu dès la première vague d'autorisations MiCA fin décembre 2024. Grâce au passeport européen, cet agrément couvre la France en libre prestation de services, et MoonPay figure à ce titre sur la liste blanche de l'AMF sous le numéro DNB-CASP-MNP-2024.
Concrètement, cela impose la ségrégation des fonds clients, un capital réglementaire minimum et des audits annuels. C'est le même statut que celui qui a fait disparaître plusieurs plateformes du marché français en juillet 2026. Pour comprendre ce que ce cadre change réellement, notre décryptage du règlement MiCA reprend le sujet en détail.
Non-custodial : ce que ça change vraiment
Le point vraiment favorable, c'est que MoonPay ne conserve pas vos cryptos : elles partent vers l'adresse que vous fournissez. Le risque de faillite de plateforme, celui qui a coûté si cher aux clients de FTX, ne s'applique donc pas ici. La contrepartie est de votre côté : une adresse mal copiée, et l'argent est perdu sans recours. Personne ne peut annuler la transaction.
Le MoonPay Balance introduit une nuance, puisque vos euros y stationnent bel et bien. La protection retenue est le cantonnement imposé par MiCA : les fonds dorment sur un compte bancaire détenu par une fondation indépendante, hors du bilan de MoonPay et hors de portée de ses créanciers. C'est solide, mais ce n'est pas la garantie des dépôts bancaires. Ne laissez pas dormir là des sommes que vous n'avez pas l'intention d'investir rapidement, et transférez vos cryptos vers un wallet que vous contrôlez, comme le défend notre guide sur les wallets matériels.
KYC, limites et justificatifs
MoonPay applique une vérification d'identité classique : e-mail et téléphone d'abord, puis pièce d'identité et contrôle de vivacité au-delà de quelques dizaines d'euros, éventuellement un justificatif de domicile de moins de trois mois et une vérification de la carte utilisée. Notre fiche sur le KYC crypto explique ce que la plateforme voit de vous et pourquoi elle le demande.
MoonPay ne publie pas de grille chiffrée officielle, mais les plafonds relevés chez ses intégrateurs donnent l'ordre de grandeur : quelques dizaines d'euros par transaction au niveau le plus basique, quelques milliers d'euros par transaction et quelques dizaines de milliers par mois une fois l'identité vérifiée. Deux mécanismes officiels méritent en revanche d'être connus :
- Les plafonds de paiement glissent. Votre limite se réinitialise exactement un jour ou un mois après l'ordre passé, pas à minuit ni le 1er du mois. Un achat à 13 h libère la ligne à 13 h le lendemain.
- Le plafond de compte, lui, ne se réinitialise jamais. Quand vous l'atteignez, l'application vous demande de remplir un questionnaire et de fournir des documents sur l'origine de vos revenus. Prévoyez le délai si vous comptiez faire un gros achat dans la journée.
Ce que disent les utilisateurs
MoonPay affiche lui-même un TrustScore Trustpilot de 4,1 sur plus de 113 000 avis, avec 4,4 sur l'App Store et 4,5 sur Google Play. Ce sont de bons scores, portés par la rapidité du service. Les avis négatifs, eux, tournent presque tous autour des mêmes reproches : des transactions bloquées en vérification sans explication, des remboursements lents, et un support qui passe par un centre d'aide et des tickets, sans ligne téléphonique. La question des frais revient beaucoup moins souvent, tout simplement parce que la plupart des utilisateurs ne les comparent jamais.
La casserole : l'affaire Bored Ape
Autant le dire, parce que ça ressort quand on creuse. Fin 2022, une action collective déposée en Californie accuse Yuga Labs, créateur des NFT Bored Ape, d'avoir gonflé artificiellement la valeur de sa collection avec l'aide de célébrités et de MoonPay. Le dossier reproche à la société d'avoir servi de canal de paiement discret vers des personnalités qui faisaient la promotion des NFT sans déclarer leur intérêt financier. Justin Bieber, Madonna, Paris Hilton, Serena Williams, Stephen Curry et Sotheby's figurent parmi les parties visées. MoonPay a toujours démenti et affirmé avoir facturé le plein tarif à ses clients célèbres.
La suite judiciaire lui donne raison sur le terrain du droit : le juge a rejeté l'action collective, considérant que les demandeurs n'avaient pas démontré que ces actifs numériques étaient des titres financiers, et leur a laissé jusqu'au 10 octobre 2025 pour amender leur plainte. Aucune condamnation, donc. Reste une période de communication très agressive qui explique une partie de la méfiance envers la marque, et qui n'a rien à voir avec la sécurité de vos fonds aujourd'hui.
Acheter avec MoonPay : le parcours pas à pas
Le parcours est court, c'est tout son intérêt. Vous ouvrez le widget depuis votre wallet ou depuis le site, vous saisissez un montant en euros, vous choisissez la crypto et le réseau, vous collez votre adresse de réception, vous payez. La crypto arrive généralement en quelques minutes, parfois moins.
Côté moyens de paiement, la couverture est large : Visa et Mastercard, Apple Pay et Google Pay, PayPal et Venmo, Revolut Pay, Paysafe, et le virement SEPA en Europe. La disponibilité varie selon le pays, tous ne sont pas proposés en France. Si payer sa crypto avec PayPal vous tente, sachez que le tarif reste aligné sur celui de la carte.
Les limites, elles, sont franches. Le minimum d'achat tourne autour de 30 dollars équivalents, le plafond quotidien monte jusqu'à 50 000 dollars une fois le compte pleinement vérifié. Le catalogue dépasse 100 cryptos, avec toutes les grandes capitalisations et les réseaux les plus utilisés. Ce n'est pas un catalogue d'altcoins exotiques, mais pour un on-ramp c'est amplement suffisant.
Quand ça coince : les problèmes les plus fréquents
C'est le sujet le plus recherché après les frais, et le moins bien traité ailleurs. Voici ce qui bloque, et quoi faire.
| Symptôme | Cause probable | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Paiement refusé immédiatement | Votre banque bloque les paiements crypto | Appeler la banque avant de changer de plateforme ou de carte |
| Refus après plusieurs essais | Blocage temporaire déclenché par les tentatives répétées | Attendre plutôt que réessayer, chaque échec aggrave le blocage |
| Somme débitée mais pas de crypto | Empreinte de pré-autorisation, pas un vrai débit | La banque la libère automatiquement, jusqu'à 10 jours ouvrés |
| Transaction bloquée en « pending » | Contrôle de conformité ou congestion réseau | Vérifier ses e-mails, MoonPay réclame souvent un document |
| KYC redemandé après plusieurs achats réussis | Vérification déclenchée par moyen de paiement, pas par compte | Refaire la vérification pour la nouvelle carte utilisée |
| Plafond atteint sans explication | Plafond de compte, qui ne se réinitialise pas | Remplir le questionnaire et fournir les justificatifs de revenus |
Un réflexe utile dans tous les cas : notez l'identifiant de transaction affiché à l'écran. Sans lui, le support met bien plus longtemps à retrouver votre dossier. Et gardez en tête qu'une fois la crypto envoyée sur la bonne adresse, il n'y a plus rien à annuler.
Vendre et récupérer son argent sur MoonPay
MoonPay fonctionne aussi dans l'autre sens, ce que beaucoup ignorent. Vous envoyez vos cryptos depuis votre wallet vers l'adresse fournie par MoonPay, et vous recevez des euros sur votre compte bancaire, sur votre carte Visa ou Mastercard, ou sur votre MoonPay Balance. Le service s'appelle simplement « Sell », et il est disponible en France.
Deux réserves. La première : le même mécanisme de spread s'applique à la vente, dans le sens défavorable cette fois, et la grille de commission est identique à celle de l'achat. Passer par le MoonPay Balance annule là aussi la commission. La seconde : le délai de réception sur compte bancaire est annoncé instantané mais dépend en pratique de votre banque et du contrôle anti-blanchiment, qui peut retarder l'opération de quelques jours. Pour une revente régulière ou un montant significatif, un exchange agréé reste plus prévisible et bien moins cher.
Fiscalité : ce que MoonPay ne fera pas à votre place
Point que les avis passent systématiquement sous silence. Chaque vente de crypto contre des euros est une cession imposable en France. Les plus-values sont soumises à la flat tax de 31,4 % en 2026 au-delà de 305 euros de cessions annuelles, à déclarer via le formulaire 2086, et le fait de passer par MoonPay ne change rien à cette obligation. Un swap de token à token, lui, n'est pas imposable tant que vous ne repassez pas en monnaie ayant cours légal.
Deux particularités méritent votre attention. D'abord, MoonPay ne fournit pas de récapitulatif fiscal prêt à l'emploi comme le font certains exchanges : à vous de conserver vos justificatifs de transaction, ou de brancher un agrégateur fiscal. Ensuite, la question du formulaire 3916-bis, celui des comptes d'actifs numériques ouverts à l'étranger. Pour un simple achat qui part vers votre propre wallet, il n'y a pas de compte à déclarer puisque MoonPay ne détient rien pour vous. Dès lors que vous ouvrez un MoonPay Balance chez une entité néerlandaise, la lecture devient nettement moins évidente. En cas de doute, déclarez : l'omission coûte plus cher que la déclaration inutile.
Les alternatives à MoonPay
Deux familles d'alternatives, selon que vous voulez rester sur le modèle passerelle ou en sortir.
Les autres passerelles d'achat
MoonPay n'est pas seul sur ce créneau, et il est loin d'être le moins cher. Les tarifs relevés chez les principaux concurrents en 2026 :
| Passerelle | Carte | Virement SEPA | À savoir |
|---|---|---|---|
| MoonPay | Jusqu'à 4,5 % | 1 % | 0 % via le MoonPay Balance, agréée MiCA aux Pays-Bas |
| Ramp Network | ≈ 2,9 % | ≈ 0,49 % | Le SEPA le moins cher du lot, agréée CASP dans l'UE |
| Mercuryo | ≈ 3,95 % | ≈ 1,95 % | Bon support du SEPA Instant |
| Banxa | 2,99 à 3,99 % | ≈ 1,99 % | Plus de 130 pays, fort en Australie et au Canada |
| Transak | Variable | 1 à 3 % | Très intégré dans les wallets, comme MoonPay |
À moyen de paiement identique, Ramp Network revient donc à peu près six fois moins cher que MoonPay sur un virement SEPA. Le spread de chacun n'est pas inclus dans ces chiffres, il faut l'ajouter partout.
Dans Ledger Live, vous pouvez changer de fournisseur
C'est le conseil le plus rentable de cette page pour un porteur de Ledger. Le bouton « Acheter » de Ledger Live ne vous impose pas MoonPay : l'application propose plusieurs prestataires, parmi lesquels Coinify, Transak, Ramp, Mercuryo et BTC Direct, chacun avec sa propre grille et son propre catalogue. Prenez trente secondes pour comparer le montant de crypto reçu affiché par deux ou trois d'entre eux avant de valider. C'est exactement le même achat, dans la même application, pour un prix qui peut varier de plusieurs pour cent.
Les exchanges agréés, si vous investissez vraiment
Voici ce que coûte le même achat sur des plateformes agréées MiCA et accessibles en France en juillet 2026.
| Plateforme | Frais d'achat | Dépôt en euros | Pour qui |
|---|---|---|---|
| MoonPay | Jusqu'à 4,5 % carte / 1 % SEPA + spread | Carte, SEPA, PayPal | Petit achat urgent depuis un wallet |
| OKX | 0,08 % / 0,10 % en spot | SEPA gratuit | Les frais les plus bas du marché régulé |
| Bybit | 0,10 % en spot | SEPA gratuit | Un bon compromis frais et interface |
| Revolut X | 0 % maker / 0,09 % taker | Depuis le compte Revolut | Ceux qui ont déjà Revolut |
| Trade Republic | 1 € par ordre + spread | SEPA gratuit | Crypto, bourse et PEA au même endroit |
| Coinbase | ≈ 1,5 % + 0,5 % de spread | SEPA gratuit | Le plus rassurant pour un premier achat |
| Bitpanda | ≈ 1,49 % de spread, 0,10 % sur Fusion | SEPA gratuit | Crypto, actions et métaux au même endroit |
L'écart n'est pas marginal, il est d'un facteur 10 à 50. Sur un investissement mensuel de 200 euros, rester sur MoonPay par carte coûte environ 180 euros de frais par an, contre moins de 3 euros sur OKX ou Bybit. Notre comparatif où acheter de la crypto en France détaille chacune de ces plateformes, et le hub des plateformes suit leur statut réglementaire au fil des mois.
Quand MoonPay reste malgré tout le bon choix
Trois situations le justifient. Vous avez besoin de quelques dizaines d'euros de gas tout de suite pour débloquer une transaction, et attendre un virement SEPA n'a aucun sens. Vous voulez que la crypto atterrisse directement dans un wallet non-custodial sans passer par un exchange, ce qui est une bonne pratique de sécurité. Ou vous testez la crypto avec 50 euros une seule fois, et ouvrir un compte complet vous semble disproportionné.
En dehors de ces cas, le calcul est vite fait : le temps gagné avec MoonPay se paie plusieurs dizaines d'euros dès que le montant grimpe.
Notre verdict sur MoonPay
MoonPay est un service régulé et redoutablement efficace, vendu au prix d'un dépannage. Il ne mérite ni la méfiance qu'on lit parfois, ni la place de plateforme principale. Et si vous devez vraiment l'utiliser souvent, passez par le solde préchargé : c'est la seule version de MoonPay qui ne vous coûte pas un bras.
La note de 3/5 récompense un agrément MiCA en règle, un modèle non-custodial qui vous laisse la garde de vos fonds, et une expérience d'achat que peu d'exchanges égalent. Elle sanctionne un coût total qui atteint 7 à 8 % par carte une fois le spread intégré, une commission de partenaire invisible qui peut encore alourdir la note de 5 points, et un support sans téléphone quand les choses coincent. Si vous investissez au-delà de quelques centaines d'euros par an, ouvrez un compte sur une plateforme agréée et gardez MoonPay dans un coin, pour les fois où la vitesse compte vraiment plus que le prix.
Envie de vous faire votre propre avis ?
Agréé MiCA, achat en quelques minutes, crypto envoyée directement dans votre wallet.
Voir les tarifs sur MoonPayQuestions fréquentes sur MoonPay
Est-ce que MoonPay est fiable ?
Oui. Moonpay Europe B.V. détient l'agrément MiCA de prestataire de services sur crypto-actifs délivré par l'AFM néerlandaise, valable en France par passeport européen, et figure sur la liste blanche de l'AMF. La société existe depuis 2019 et revendique 35 millions de comptes vérifiés. Le reproche à lui faire porte sur ses tarifs, pas sur sa solidité ou sa légalité.
C'est quoi MoonPay exactement ?
MoonPay est une passerelle d'achat de crypto, pas un exchange. Vous payez en euros par carte ou virement, et la crypto part directement vers l'adresse de votre wallet. Il n'y a ni compte à alimenter obligatoirement, ni ordres à passer, ni fonds conservés chez MoonPay. Le service est intégré dans plusieurs centaines d'applications, dont Ledger Live, MetaMask, Trust Wallet et Phantom.
Quels sont les frais de MoonPay ?
Jusqu'à 4,5 % pour un paiement par carte bancaire et 1 % pour un virement SEPA, avec un minimum de 3,99 dollars en accès direct qui passe à 4,50 dollars quand l'achat vient d'un partenaire, plus les frais de réseau. S'y ajoute un spread intégré au prix de la crypto, souvent de 2 à 4 %. Le coût total par carte tourne donc autour de 7 à 8 % du montant.
Comment payer moins cher sur MoonPay ?
Utilisez le MoonPay Balance. La grille tarifaire officielle précise que les achats et les ventes effectués depuis ce solde en euros n'entraînent aucune commission MoonPay. Vous alimentez le solde par virement SEPA, puis vous achetez sans payer les 4,5 % ni le minimum. Seul le spread reste. Deuxième réflexe : passer par le site moonpay.com plutôt que par le bouton d'une application tierce, qui applique un minimum plus élevé et peut ajouter sa propre commission.
Pourquoi le prix MoonPay change selon l'application ?
Parce que chaque partenaire qui intègre le widget peut ajouter sa propre commission par-dessus celle de MoonPay. Le tableau de bord partenaire plafonne ce champ à 5 %, et la grille tarifaire l'appelle ecosystem fee. Un achat référé démarre en plus à 4,50 dollars de minimum au lieu de 3,99. Deux wallets affichant tous les deux « powered by MoonPay » peuvent donc pratiquer des prix très différents.
Comment payer avec MoonPay ?
Vous saisissez le montant en euros, vous choisissez la crypto et le réseau, vous collez votre adresse de réception, puis vous réglez par carte Visa ou Mastercard, Apple Pay, Google Pay, PayPal, Venmo, Revolut Pay ou virement SEPA selon votre pays. Une vérification d'identité est demandée rapidement. La crypto arrive généralement en quelques minutes.
Comment récupérer son argent sur MoonPay ?
Passez par la fonction de vente : vous envoyez vos cryptos vers l'adresse indiquée par MoonPay, et vous recevez des euros sur votre compte bancaire, votre carte ou votre MoonPay Balance. Le spread s'applique aussi dans ce sens, et le délai réel dépend de votre banque et des contrôles anti-blanchiment. Pour des reventes fréquentes, un exchange agréé revient bien moins cher.
Pourquoi ma transaction MoonPay a-t-elle échoué ?
Dans la majorité des cas, c'est votre banque qui refuse le paiement crypto, pas MoonPay. Évitez de réessayer plusieurs fois de suite, les tentatives répétées déclenchent un blocage temporaire. Si la somme apparaît débitée sans que la crypto arrive, il s'agit le plus souvent d'une empreinte de pré-autorisation, que la banque libère automatiquement sous un délai pouvant aller jusqu'à 10 jours ouvrés.
Peut-on faire du staking sur MoonPay ?
Non, plus maintenant. Le produit MoonPay Pots, qui proposait du staking liquide sur Solana avec un rendement annoncé jusqu'à 8,49 %, a été arrêté pour faible adoption. Aucune nouvelle position n'est possible. Les utilisateurs qui avaient déjà des fonds placés peuvent les consulter et les retirer à tout moment, sans période de blocage.
MoonPay est-il moins cher qu'un exchange ?
Non, et l'écart est considérable. Un achat par carte sur MoonPay coûte environ 7,5 % tout compris, contre 0,08 à 0,10 % en spot sur OKX ou Bybit, et environ 1,5 % sur Coinbase. Sur 1 000 euros, cela représente près de 75 euros contre 1 euro. Le MoonPay Balance réduit fortement l'écart, mais un exchange agréé reste plus économique dès que les montants montent.
MoonPay est-il autorisé en France ?
Oui. L'agrément MiCA obtenu aux Pays-Bas est passeporté en France, où MoonPay opère en libre prestation de services sous le numéro DNB-CASP-MNP-2024 de la liste blanche de l'AMF. Ce statut impose la ségrégation des fonds clients, un capital réglementaire minimum et des audits annuels. MoonPay fait partie des acteurs restés pleinement légaux après l'échéance MiCA de juillet 2026.
Faut-il déclarer MoonPay aux impôts ?
Vos plus-values, oui : chaque vente contre des euros est une cession imposable, soumise à la flat tax de 31,4 % au-delà de 305 euros de cessions annuelles et à déclarer via le formulaire 2086. Pour le formulaire 3916-bis des comptes ouverts à l'étranger, un simple achat qui part vers votre wallet ne crée pas de compte à déclarer. L'ouverture d'un MoonPay Balance chez une entité néerlandaise rend la question bien moins tranchée : en cas de doute, déclarez.


