Uniswap est le plus gros marché d'échange de cryptomonnaies qui ne soit détenu par personne. Pas de compte à ouvrir, pas de pièce d'identité à envoyer, pas de société qui garde vos fonds : vous branchez votre portefeuille, vous échangez un jeton contre un autre, et c'est terminé. Depuis fin décembre 2025, le protocole a aussi changé de nature économique, et c'est la partie que les fiches françaises n'ont pas encore mise à jour.
Uniswap, c'est quoi exactement ?
Le mot Uniswap désigne quatre choses différentes, et la confusion explique la plupart des malentendus qu'on lit à son sujet.
Le protocole est un ensemble de smart contracts déployés sur Ethereum et sur une vingtaine d'autres réseaux. C'est lui qui détient les fonds et exécute les échanges. Personne ne peut l'arrêter, pas même ses créateurs : le code est publié, immuable, et tourne tant que la blockchain tourne.
L'interface app.uniswap.org est un simple site web qui parle à ces contrats. Si ce site disparaissait demain, le protocole continuerait de fonctionner et n'importe qui pourrait construire une autre interface par-dessus. C'est déjà le cas : les agrégateurs comme 1inch ou Matcha routent des volumes considérables vers les pools Uniswap sans passer par son interface.
Uniswap Labs est la société new-yorkaise fondée par Hayden Adams, ancien ingénieur mécanique passé au développement après un licenciement chez Siemens. Elle développe l'interface, le portefeuille mobile et l'API. Elle ne contrôle pas le protocole.
La DAO rassemble les détenteurs du jeton UNI, qui votent les décisions structurantes. C'est elle qui a déclenché le changement de décembre 2025.
Le projet est né en novembre 2018 d'un billet de blog de Vitalik Buterin décrivant un modèle de marché automatisé. Adams l'a codé, presque comme un exercice. Sept ans plus tard, le protocole a traité plus de 3 600 milliards de dollars de volume cumulé.
Comment fonctionne Uniswap : l'AMM expliqué sans maths
Sur une plateforme classique comme Binance ou Coinbase, votre ordre d'achat est apparié à l'ordre de vente de quelqu'un d'autre. Il faut donc qu'un vendeur existe au moment où vous achetez. C'est le principe du carnet d'ordres.
Uniswap ne fonctionne pas comme ça. Il n'y a pas de vendeur en face de vous, il y a une réserve. On appelle ça une pool de liquidité : un contrat qui contient deux jetons, par exemple de l'ETH et de l'USDC, déposés par des particuliers. Quand vous achetez, vous versez de l'ETH dans la réserve et vous en retirez de l'USDC. La réserve n'a jamais besoin de trouver une contrepartie, elle est la contrepartie.
Reste une question : qui fixe le prix, s'il n'y a ni vendeur ni carnet d'ordres ? Une formule. La plus connue s'écrit x × y = k, où x et y sont les quantités des deux jetons dans la réserve et k un nombre qui doit rester constant. Concrètement, si vous retirez beaucoup d'USDC de la pool, il en reste moins, donc chaque USDC restant devient plus cher à obtenir. Le prix bouge automatiquement à chaque échange, en fonction de ce qu'il reste dans la réserve.
Cette mécanique a deux conséquences très pratiques. La première, plus la réserve est grosse, moins votre échange déplace le prix : c'est pour ça que les grosses paires coûtent moins cher à traverser que les jetons obscurs. La seconde, l'écart entre le prix affiché et le prix réellement obtenu porte un nom, le slippage, et il grimpe très vite sur les pools peu fournies.
Ceux qui remplissent ces réserves s'appellent des fournisseurs de liquidité. Ils déposent les deux jetons d'une paire et touchent une part des frais payés par les traders. C'est un métier à part entière, avec un risque spécifique appelé impermanent loss, que nous détaillons dans notre guide sur fournir de la liquidité sur Uniswap.
V1, V2, V3, V4 : ce qui a changé à chaque version
Uniswap a réécrit son moteur quatre fois en sept ans. Chaque version répond à un défaut de la précédente, et savoir laquelle vous utilisez change réellement ce que vous payez.
| Version | Année | Apport principal | Limite |
|---|---|---|---|
| V1 | 2018 | Premier AMM grand public, mais toute paire passait par l'ETH | Deux échanges pour aller d'un jeton à un autre |
| V2 | 2020 | Paires directes entre n'importe quels jetons ERC-20 | Liquidité étalée sur toute la courbe de prix, donc peu efficace |
| V3 | 2021 | Liquidité concentrée : le LP choisit sa fourchette de prix | Gestion active nécessaire, impermanent loss amplifié |
| V4 | 2025 | Contrat unique (singleton) et hooks personnalisables | Écosystème de hooks encore jeune, qualité inégale |
La liquidité concentrée de la V3 reste l'innovation qui a creusé l'écart avec la concurrence. Avant elle, l'argent déposé dans une pool couvrait tous les prix possibles, de zéro à l'infini, alors que 99 % de ces prix ne se produiraient jamais. La V3 permet de concentrer ses fonds entre 3 000 et 4 000 dollars sur une paire ETH/USDC, par exemple. Même capital, beaucoup plus de profondeur là où ça compte, donc moins de slippage pour les traders.
La V4, lancée début 2025, change l'architecture. Toutes les pools vivent désormais dans un seul contrat au lieu d'un contrat par paire, ce qui fait chuter le coût de création d'une pool de plus de 99 % et rend les échanges enchaînés nettement moins gourmands en gas. Surtout, elle introduit les hooks : des morceaux de code que n'importe qui peut greffer sur une pool pour modifier son comportement, par exemple des frais variables selon la volatilité, des ordres limites natifs ou une redistribution personnalisée. Plus de 150 hooks existaient déjà au lancement.
Uniswap a aussi lancé sa propre blockchain, Unichain, un Layer 2 optimisé pour ses propres échanges. Elle absorbe désormais une part importante de l'activité V4.
Combien coûte vraiment un swap sur Uniswap
C'est la question que personne ne traite sérieusement, alors que c'est la seule qui change quelque chose au moment de cliquer. Un échange sur Uniswap ne coûte pas un pourcentage, il coûte trois choses qui n'obéissent pas aux mêmes règles.
Les frais de la pool sont un pourcentage du montant échangé, fixé par palier : 0,01 % sur les paires de stablecoins, 0,05 % sur les grosses paires comme ETH/USDC, 0,30 % sur la plupart des jetons, 1 % sur les plus exotiques. Ils sont proportionnels, donc identiques en pourcentage que vous échangiez 50 ou 50 000 euros.
Les frais de réseau ne dépendent pas du montant. Ils dépendent de la congestion de la blockchain au moment de la transaction. C'est le poste qui rend Uniswap absurde sur les petits montants et négligeable sur les gros. Sur le réseau principal Ethereum, un swap coûte typiquement quelques euros, parfois beaucoup plus en période de forte activité. Sur Arbitrum, Base ou Unichain, on parle de quelques centimes.
Le slippage est le poste invisible. C'est l'écart entre le prix affiché avant de signer et le prix réellement obtenu, dû au fait que votre propre échange déplace le prix de la pool. Sur une paire très liquide et un montant modeste, il est négligeable. Sur un jeton dont la pool contient 30 000 dollars, un ordre de 3 000 dollars peut vous coûter plusieurs pourcents à lui seul.
| Un swap de 500 € en ETH vers USDC | Frais de pool | Frais de réseau | Ordre de grandeur total |
|---|---|---|---|
| Uniswap sur Ethereum | 0,05 % soit 0,25 € | Quelques euros, très variable | Autour de 1 % du montant |
| Uniswap sur Arbitrum, Base ou Unichain | 0,05 % soit 0,25 € | Quelques centimes | Environ 0,1 % |
| Plateforme centralisée | 0,1 % à 1,5 % selon l'acteur et le mode d'achat | Aucun, mais frais de retrait à la sortie | 0,5 € à 7,50 € |
Deux enseignements en découlent. Le premier, échanger de petits montants sur le réseau principal Ethereum n'a plus de sens depuis que les Layer 2 existent : les frais de réseau y mangent le bénéfice avant même le premier euro de gain. Le second, un swap sur un Layer 2 est aujourd'hui moins cher que l'achat immédiat de la plupart des plateformes centralisées, à condition d'avoir déjà des fonds on-chain. Le passage de l'euro à la crypto reste, lui, le maillon coûteux.
Depuis décembre 2025, un quatrième poste a disparu : l'interface officielle d'Uniswap Labs prélevait une commission supplémentaire sur les échanges effectués depuis son site et son application. Elle est tombée à zéro. Nous y revenons plus bas, parce que la raison de cette suppression est la vraie nouvelle du dossier.
Le jeton UNI : à quoi il sert vraiment
UNI est arrivé en septembre 2020, dans des circonstances qui méritent d'être racontées. Un concurrent nommé SushiSwap venait de copier le code d'Uniswap et d'attirer sa liquidité en distribuant son propre jeton. Uniswap a répliqué en larguant 400 UNI à toute adresse ayant utilisé le protocole, soit environ 1 200 dollars offerts à chacun. Ce fut l'un des premiers grands airdrops de l'histoire de la DeFi, et il a fixé un standard que le secteur copie encore.
L'offre totale est fixée à un milliard de jetons, distribués sur quatre ans entre la communauté, l'équipe, les investisseurs et les conseillers. La répartition initiale accordait 60 % à la communauté, dont une part réservée au trésor de la DAO.
Pendant cinq ans, UNI n'a servi qu'à une seule chose : voter. Voter sur les déploiements vers de nouvelles chaînes, sur les budgets, sur les paramètres du protocole. C'était son unique fonction, et c'était aussi sa grande faiblesse. Un jeton qui donne un droit de vote sur un protocole générant des centaines de millions de frais par an, sans en toucher un centime, reste un jeton dont il est difficile de justifier le prix. Les détenteurs le disaient depuis 2021, et la promesse d'un jour activer le fameux « fee switch » revenait à chaque cycle sans jamais aboutir.
Elle a fini par aboutir. En décembre 2025.
Comment fonctionne la gouvernance en pratique
Le mot « gouvernance » recouvre une mécanique assez concrète, et la connaître aide à lire les annonces qui font bouger le cours.
Détenir de l'UNI ne suffit pas à voter. Il faut d'abord activer ses droits en les déléguant, soit à soi-même, soit à quelqu'un d'autre. Cette étape coûte une transaction et beaucoup de détenteurs ne la font jamais, ce qui explique la participation faible des premières années. La délégation à un tiers est courante : des universités, des fonds et des contributeurs actifs concentrent des dizaines de millions de voix et pèsent réellement sur les décisions.
Une proposition passe ensuite par trois étages. Une discussion sur le forum, une consultation informelle sur Snapshot qui ne coûte rien en frais et sert à prendre la température, puis un vote contraignant inscrit sur la blockchain. Ce dernier doit franchir un quorum de 40 millions d'UNI, faute de quoi il échoue même avec 100 % d'avis favorables. Une fois adopté, le texte reste bloqué quelques jours avant exécution automatique par le contrat.
Cette lenteur est délibérée : elle laisse le temps de réagir si une proposition malveillante passait. Elle explique aussi pourquoi un changement voté fin décembre met des mois à couvrir l'ensemble des pools et des réseaux.
UNIfication : le jour où UNI est devenu déflationniste
Le 25 décembre 2025, la gouvernance d'Uniswap a adopté une proposition baptisée UNIfication avec 99,9 % de votes favorables, plus de 125 millions de jetons pour contre 742 contre. Trois jours plus tard, après le délai de sécurité imposé par le contrat, l'exécution a eu lieu. Elle a changé la nature du jeton.
Quatre choses se sont produites en même temps.
1. Le fee switch a été activé. Une partie des frais payés par les traders ne va plus intégralement aux fournisseurs de liquidité, elle est prélevée par le protocole. Sur les pools V2, la structure passe de 0,30 % pour les LP à 0,25 % pour les LP plus 0,05 % pour le protocole. Sur les pools V3, le prélèvement représente un quart des frais LP sur les paliers 0,01 % et 0,05 %, et un sixième sur les paliers 0,30 % et 1 %.
2. Cent millions d'UNI ont été détruits. Le trésor de la DAO a envoyé 100 millions de jetons, soit 10 % de l'offre totale, vers une adresse dont personne ne détient la clé. Ils sont définitivement hors circulation. Au cours du moment, l'opération représentait environ 596 millions de dollars. La justification est élégante : c'est l'estimation de ce qui aurait été brûlé si le fee switch avait été actif depuis le début, un rattrapage rétroactif des années perdues.
3. Les frais d'interface sont tombés à zéro. C'est le point que presque personne ne relaie en français, et c'est celui qui vous concerne directement. Uniswap Labs prélevait une commission sur les échanges effectués depuis son site, son portefeuille mobile et son API. Cette commission a été supprimée. Passer par app.uniswap.org ne coûte donc plus rien de plus que d'appeler le contrat en direct. L'interface a cessé d'être un centre de profit pour devenir un canal de distribution.
4. La Fondation a fusionné dans Labs. La majorité des équipes de l'Uniswap Foundation a rejoint Uniswap Labs, avec un budget de croissance voté par la gouvernance à partir de janvier 2026. Une petite équipe reste côté Fondation pour distribuer les subventions restantes.
TokenJar et Firepit : comment le burn fonctionne réellement
Le mécanisme est plus astucieux qu'un simple rachat de jetons sur le marché, et il vaut la peine d'être compris parce qu'il conditionne tout le reste.
Les frais prélevés ne sont pas versés à une trésorerie que quelqu'un gérerait. Ils s'accumulent dans un contrat immuable appelé TokenJar, littéralement le bocal à jetons. Ces fonds ne peuvent en sortir qu'à une condition : que des UNI soient simultanément détruits dans un second contrat nommé Firepit. Personne ne décide de brûler ou pas, personne ne peut détourner la trésorerie. Le lien entre l'usage du protocole et la réduction de l'offre est inscrit dans le code.
Au rythme observé et si Uniswap conserve sa part d'environ 37 % du volume total des DEX, les estimations situent la destruction entre 4 et 5 millions d'UNI par an, pour des frais de protocole de l'ordre de 26 à 27 millions de dollars annualisés. C'est loin d'être vertigineux rapporté à une offre de 900 millions de jetons, mais la direction a changé : l'offre ne fait plus que baisser, et elle baisse d'autant plus vite que le protocole est utilisé.
Où en est-on en juillet 2026 ?
Le chantier n'était pas terminé en décembre. Le fee switch initial ne couvrait que les pools V2 et une sélection de pools V3 sur Ethereum. Il a ensuite été étendu à huit réseaux supplémentaires, dont Arbitrum, Base, Optimism, Celo et Worldchain, puis à l'ensemble des pools V3 restantes du réseau principal.
Il manquait la V4, c'est-à-dire la version la plus récente et celle qui capte l'essentiel de la croissance. C'est chose faite depuis quelques jours. La proposition 100, « Activate v4 Protocol Fees », a été votée du 19 au 25 juillet 2026 et adoptée avec 46,6 millions d'UNI pour contre 1,27 million, au-dessus du quorum de 40 millions. Elle active les frais de protocole sur une sélection de pools V4 réparties sur sept chaînes : Ethereum, Arbitrum, Base, BNB Chain, Polygon, Optimism et Robinhood Chain. La consultation préalable avait recueilli 93 % d'avis favorables.
Autrement dit, à l'heure où vous lisez ces lignes, la quasi-totalité de l'activité d'Uniswap alimente désormais la destruction de son propre jeton. Toute fiche qui vous explique encore qu'UNI est « un pur jeton de gouvernance sans revenu » décrit un état qui a pris fin il y a sept mois.
Une réserve mérite d'être posée. Ce qui est prélevé pour le burn est pris sur la rémunération des fournisseurs de liquidité. Un LP gagne mécaniquement un peu moins qu'avant sur les pools concernées. Tant que la profondeur de liquidité tient, le raisonnement se défend. Si elle venait à migrer vers des concurrents qui ne prélèvent rien, le calcul deviendrait moins évident. C'est le point à surveiller sur les prochains trimestres.
Uniswap est-il fiable ?
La réponse honnête tient en une distinction : le protocole est solide, votre usage ne l'est pas forcément.
Côté protocole, le bilan est difficile à contester. Les contrats tournent depuis 2018, ils ont été audités à répétition, ils ont encaissé des milliers de milliards de dollars de volume, et aucune faille majeure n'a jamais vidé les pools principales. Dans un secteur où les attaques par flash loan et les ponts piratés font l'actualité tous les mois, ce palmarès est rare. Vos fonds ne sont d'ailleurs jamais confiés à Uniswap : ils quittent votre portefeuille au moment de l'échange et le résultat y revient dans la même transaction. Il n'y a pas de compte à pirater, pas de faillite d'entreprise à craindre, pas de retraits suspendus comme sur une plateforme centralisée.
Côté utilisateur, en revanche, tout repose sur vous, et c'est là que les gens perdent de l'argent.
N'importe qui peut créer une pool avec n'importe quel jeton. Aucune vérification n'est effectuée, aucune liste blanche n'existe. Un jeton nommé exactement comme un projet légitime peut apparaître dans les résultats de recherche. Vérifiez toujours l'adresse du contrat sur une source indépendante avant d'échanger.
Certains jetons ne peuvent pas être revendus. C'est le principe du honeypot : le code autorise l'achat et bloque la vente. Vous voyez votre position monter sur l'écran, vous ne pouvez rien en sortir.
Une signature mal lue peut vider votre portefeuille. Les approbations de dépense sont illimitées par défaut sur beaucoup d'interfaces, et c'est exactement le levier qu'utilisent les wallet drainers. Connecter un portefeuille ne présente aucun risque, signer une transaction en présente un.
Les frais de réseau restent un piège pour les petits montants. Un échange sur le réseau principal Ethereum coûte plusieurs euros de gas quel que soit le montant échangé. Sur un achat de 100 euros, la facture peut représenter 5 à 15 % avant même les frais de swap. Passer par Arbitrum, Base ou Unichain ramène ce coût sous les quelques centimes.
Notre guide dédié à l'achat sur un DEX reprend ces vérifications une par une, avec la marche à suivre avant de valider un ordre.
Uniswap face à ses concurrents
Uniswap domine, mais pas partout et pas sur tous les usages. Le tableau ci-dessous situe les alternatives sérieuses.
| Protocole | Terrain | Point fort | Quand le préférer |
|---|---|---|---|
| Uniswap | Ethereum et ses Layer 2 | Liquidité la plus profonde, hooks V4 | Par défaut sur l'écosystème Ethereum |
| Curve | Stablecoins et actifs corrélés | Slippage quasi nul entre actifs de même valeur | Échanger USDC contre USDT ou DAI |
| PancakeSwap | BNB Chain | Frais très bas, forte base d'utilisateurs | Vous êtes déjà sur BNB Chain |
| Aerodrome | Base | Modèle ve(3,3), émissions dirigées par les votes | Chercher du rendement LP sur Base |
| Jupiter | Solana | Agrège tous les DEX Solana, exécution rapide | Trader des jetons émergents sur Solana |
| 1inch | Multichaîne | Découpe l'ordre entre plusieurs DEX | Gros ordre, pour limiter le slippage |
La raison pour laquelle personne ne déloge Uniswap sur Ethereum tient en un mot : la liquidité appelle la liquidité. Plus une pool est profonde, moins les traders y perdent en slippage, donc plus ils l'utilisent, donc plus les LP y gagnent en frais, donc plus ils y déposent. Le cycle se renforce lui-même et il est très difficile à casser à coups de subventions temporaires, comme SushiSwap l'a appris à ses dépens.
La menace ne vient pas des clones. Elle vient des terrains où Uniswap n'a jamais réellement pris pied, Solana en tête, et des DEX de produits dérivés comme Hyperliquid qui captent une activité que les AMM ne servent pas.
Faut-il acheter de l'UNI ?
Ce n'est pas un conseil en investissement, seulement une lecture des arguments des deux camps.
Ce qui joue en faveur du jeton. UNI est passé du statut de jeton de gouvernance sans revenu à celui d'actif dont l'offre se réduit à mesure que le protocole est utilisé. C'est une thèse d'investissement qui se raconte, ce qu'elle n'était pas avant décembre 2025. Le protocole sous-jacent est le leader incontesté d'un secteur qui grandit, sur des positions défendues par un effet réseau réel. Et le retrait des frais d'interface, en rendant Uniswap moins cher à utiliser, alimente le volume qui alimente le burn.
Ce qui joue contre. Le rythme de destruction, 4 à 5 millions de jetons par an, reste modeste face à une offre de 900 millions : à ce rythme, il faudrait des décennies pour que l'effet mécanique devienne majeur. Les frais de protocole annualisés, autour de 26 millions de dollars, sont à comparer à une capitalisation qui se compte en milliards. Le prélèvement se fait sur la poche des fournisseurs de liquidité, ce qui crée une tension à surveiller. Enfin, le cadre juridique d'un jeton qui redistribue de la valeur à ses détenteurs n'est pas figé, ni aux États-Unis ni en Europe.
La question à se poser n'est donc pas « Uniswap va-t-il rester le premier DEX », ce qui paraît probable, mais « le volume échangé justifie-t-il le prix payé pour le jeton ». Ce sont deux paris différents, et seul le second engage votre argent. Personnellement, ce qui m'intéresse dans UNIfication tient moins au burn qu'au signal envoyé : après cinq ans à repousser le sujet, une DAO a fini par voter contre son propre confort. C'est rare, et ça vaut d'être noté même si le cours n'en fait rien.
Comment acheter de l'UNI
Deux chemins, selon votre point de départ.
Le plus simple reste une plateforme centralisée. UNI figure parmi les jetons les plus liquides du marché, il est disponible chez la quasi-totalité des acteurs agréés en Europe. Vous virez des euros, vous achetez, vous transférez ensuite vers votre portefeuille personnel si vous ne souhaitez pas laisser vos jetons en dépôt. Notre panorama de où acheter de la crypto en France compare les frais réels et le statut réglementaire de chaque plateforme, et le point sur MiCA en juillet 2026 précise lesquelles restent accessibles aux résidents français.
Le second chemin consiste à acheter directement sur Uniswap, ce qui suppose de disposer déjà d'ETH ou d'un stablecoin dans un portefeuille auto-hébergé. La procédure complète, avec les vérifications à faire avant de signer, est détaillée dans notre guide sur l'achat sur un DEX. Un rappel utile : détenir de l'UNI ne rapporte rien en soi, il n'existe pas de staking natif du jeton. Les rendements affichés sur Uniswap concernent la fourniture de liquidité, qui est une activité différente et bien plus risquée.
Uniswap (UNI) : les questions fréquentes
C'est quoi Uniswap ?
Uniswap est un protocole d'échange décentralisé, déployé sur Ethereum et une vingtaine d'autres réseaux, qui permet d'échanger des cryptomonnaies sans intermédiaire et sans ouvrir de compte. Il n'utilise pas de carnet d'ordres mais des réserves de jetons appelées pools de liquidité, alimentées par des particuliers, où le prix est calculé automatiquement par une formule. Son jeton natif s'appelle UNI.
Uniswap est-il fiable ?
Le protocole l'est : ses contrats tournent depuis 2018, ils sont audités et n'ont jamais subi de faille majeure sur les pools principales. Vos fonds ne lui sont jamais confiés, ils transitent par votre portefeuille. Le risque se situe du côté de l'utilisateur : n'importe qui peut créer une pool avec un jeton frauduleux, aucune vérification n'est effectuée, et une signature de transaction mal lue peut vider un portefeuille. Il n'existe aucun service client ni aucun recours en cas d'erreur.
Pourquoi les gens utilisent-ils Uniswap ?
D'abord parce qu'il n'y a rien à ouvrir : pas d'inscription, pas de vérification d'identité, on échange en quelques secondes depuis son portefeuille. Ensuite parce qu'on y trouve des jetons récents ou peu capitalisés que les plateformes centralisées ne listent pas, souvent des mois avant elles. Enfin parce que les fonds ne dorment jamais chez un tiers susceptible de faire faillite ou de suspendre les retraits.
Quel est l'avenir de la crypto Uniswap ?
Il dépend surtout de deux variables. La première est le volume échangé sur le protocole, puisque depuis l'activation du fee switch en décembre 2025 une part des frais sert à détruire des UNI : plus le protocole est utilisé, plus l'offre se réduit. La seconde est la concurrence, notamment sur les réseaux où Uniswap n'a jamais dominé comme Solana. Personne ne peut prédire un cours, mais la question pertinente est devenue celle du rapport entre les revenus du protocole et la capitalisation du jeton.
Comment gagner de l'argent avec Uniswap ?
Détenir de l'UNI ne rapporte aucun rendement, il n'existe pas de staking natif du jeton. La seule façon de percevoir un revenu du protocole consiste à fournir de la liquidité dans une pool, ce qui donne droit à une part des frais payés par les traders. Cette activité comporte un risque spécifique, l'impermanent loss, qui peut faire qu'un fournisseur de liquidité gagne moins qu'en gardant simplement ses jetons.
Quels sont les frais sur Uniswap ?
Trois postes se cumulent. Les frais de la pool, entre 0,01 % et 1 % selon la paire, dont une part revient désormais au protocole pour être brûlée. Les frais de réseau, payés à la blockchain, de quelques centimes sur un Layer 2 à plusieurs euros sur le réseau principal Ethereum. Et le slippage, l'écart entre le prix affiché et le prix obtenu, qui grimpe sur les pools peu fournies. Depuis décembre 2025, l'interface officielle d'Uniswap Labs ne prélève plus aucune commission supplémentaire.
Faut-il un compte pour utiliser Uniswap ?
Non. Il n'y a ni inscription, ni mot de passe, ni vérification d'identité. On connecte un portefeuille crypto contenant les jetons à échanger et une petite réserve de la monnaie native du réseau pour payer les frais de transaction. C'est aussi la contrepartie du système : sans compte, il n'existe ni récupération d'accès, ni support, ni annulation possible.


