La Solana Foundation a publié le 8 septembre 2026 un rapport consacré aux transferts d'argent internationaux réalisés en stablecoins, ces jetons dont la valeur est adossée à une monnaie officielle, le plus souvent le dollar. Le document s'adresse aux opérateurs de transfert déjà établis et aux fintechs qui envisagent de basculer une partie de leurs flux vers ce circuit.
Quels chiffres le rapport avance-t-il sur le circuit actuel ?
Le texte pose trois coûts. Les frais moyens atteignent 6,49 % sur un envoi de 200 dollars. Le règlement demande trois à cinq jours ouvrés. Et des centaines de milliards de dollars restent immobilisés dans des comptes pré-financés, l'argent que les opérateurs doivent placer à l'avance dans le pays d'arrivée pour garantir que la somme soit disponible au moment voulu. La fondation ajoute deux constats. Le transfert reste une opération sans suite, sans compte d'épargne ni historique de crédit rattaché à l'argent reçu. Et 1,3 milliard d'adultes n'ont toujours pas accès à un compte bancaire, alors que près de la moitié d'entre eux disposent d'un smartphone. Un envoi effectué en stablecoin, selon le rapport, se règle presque instantanément et atteint ces populations.
Quels opérateurs ont déjà lancé des produits ?
Le document cite trois acteurs engagés sur la chaîne Solana et son fonctionnement technique :
- Western Union a lancé USDPT, un stablecoin émis par Anchorage Digital Bank, aux côtés de son Digital Asset Network et de Stablecard, développé avec Rain.
- Zepz, maison mère de WorldRemit et Sendwave, a ouvert le Sendwave Wallet aux bénéficiaires de plus de 100 pays.
- Tala, qui revendique 13 millions de clients dans les marchés émergents, a déployé une facilité de prêt tokenisée de 50 millions de dollars avec Huma Finance.
Sous ces services, la conversion en monnaie locale à l'arrivée est assurée par Yellow Card, Flutterwave, Bitso, Trace Finance et Sphere Pay, chacun sur ses corridors.
Que contient le reste du document ?
La fondation détaille cinq modèles économiques au-delà du simple acheminement de fonds, du portefeuille transformé en plateforme financière à l'émission de stablecoin comme source de revenus. Elle décrit ensuite quatre voies d'entrée, de l'optimisation de trésorerie jusqu'au lancement d'une plateforme complète, avec pour chacune la barrière à l'entrée, le délai avant retour et le modèle de revenus. Le rapport consacre enfin des chapitres à des corridors précis : les États-Unis vers le Mexique, le Brésil, le Nigeria, les Philippines et l'Inde, avec les flux, les partenaires locaux et la réglementation applicable dans chaque marché. Un volet distinct traite des risques réglementaires pays par pays.
Comment lire ce document ?
Le rapport émane de la fondation qui promeut Solana, et il recense les projets déployés sur cette chaîne. Ses chiffres et ses conclusions relèvent de sa communication, non d'un travail indépendant. Aucune donnée d'usage réel des produits cités, volumes traités ou nombre d'utilisateurs actifs, n'accompagne l'annonce. Pour l'utilisateur final, un transfert en stablecoin fait porter le risque sur l'émetteur du jeton et sur ses réserves, un point que la réglementation encadre inégalement selon les pays. En Europe, le règlement MiCA impose des règles aux émetteurs, ce qui distingue les stablecoins euro disponibles en 2026 de jetons émis hors du cadre européen. S'ajoute le risque propre aux applications qui manipulent ces fonds : en avril 2026, le protocole Drift a perdu 285 millions de dollars sur Solana lors d'une attaque de douze minutes. La Solana Foundation conclut son annonce en affirmant que la première génération de produits de transfert adossés aux stablecoins est en place.


