Que vendent exactement Itaú, Nubank et Banco do Brasil ?
Trois des plus grands établissements financiers du Brésil proposent désormais l'achat de cryptomonnaies à leurs clients particuliers, depuis leurs applications d'investissement existantes. Itaú, première banque privée du pays, référence 15 actifs, dont le bitcoin, l'ether et l'USDC, un stablecoin indexé sur le dollar émis par Circle. Nubank, la plus grande fintech brésilienne, en liste 28, après quatre ajouts au cours du seul mois de mai 2026, et compte plus de 7 millions d'utilisateurs qui échangent des cryptos via son application.
| Établissement | Actifs proposés | Repère |
|---|---|---|
| Itaú | 15 jetons, dont BTC, ETH et USDC | catalogue ouvert depuis 2025 |
| Nubank | 28 actifs | 4 ajouts en mai 2026, plus de 7 millions d'utilisateurs |
| Banco do Brasil | BTC et ETH en achat direct | service lancé en janvier 2026 |
Banco do Brasil, banque publique, a indiqué à Folha de S.Paulo que ce service avait traité plus de 11 millions de reais de transactions depuis janvier, soit environ 2,1 millions de dollars à la conversion retenue par Decrypt le 7 septembre 2026. Selon la même publication, Bradesco et Santander ont eux aussi élargi leur offre depuis l'an dernier.
Pourquoi ces banques ne détiennent-elles aucune crypto ?
Les déclarations remises à la banque centrale et datées de mars 2026, consultées par Folha de S.Paulo, ne font apparaître aucun actif virtuel au bilan des banques brésiliennes. Les établissements peuvent conserver et traiter des cryptos pour le compte de leurs clients, mais ils ne prennent pas de position pour eux-mêmes. La conséquence est directe pour l'acheteur. La banque encaisse un rôle d'intermédiaire et de dépositaire, la variation du prix reste entièrement à la charge du client. Les trois établissements classent ces services parmi les investissements à risque élevé et imposent une information sur le risque avant toute transaction. Passer par l'application d'une banque déplace la question de la garde des clés, sans faire disparaître les risques propres aux transferts en chaîne, comme l'interception d'une transaction par un tiers.
Qu'a changé le cadre de la banque centrale brésilienne ?
La Banco Central do Brasil, la BCB, a adopté fin 2025 une série de résolutions encadrant les prestataires de services sur actifs virtuels. Ces règles sont entrées en vigueur en février 2026. Elles portent sur quatre points :
- une autorisation préalable pour exercer,
- des exigences de fonds propres,
- la séparation des avoirs des clients de ceux de l'entreprise,
- une preuve de réserves.
En clair, une société qui veut proposer des services crypto au Brésil doit démontrer qu'elle dispose du capital nécessaire, qu'elle ne mélange pas l'argent de ses clients avec le sien, et qu'elle détient bien les actifs qu'elle affirme détenir. Ces obligations recoupent celles que les banques connaissent déjà en finance traditionnelle, ce qui explique la rapidité avec laquelle Itaú et Banco do Brasil sont entrés sur ce terrain, écrit CryptoBriefing. Ce cadre n'a d'effet qu'au Brésil et ne couvre pas un épargnant européen.
Quel volume le marché brésilien représente-t-il ?
Les Brésiliens ont fait transiter 505,5 milliards de reais en cryptomonnaies en 2025, soit environ 98,7 milliards de dollars selon la conversion retenue par Decrypt le 7 septembre 2026. Le chiffre provient de la Receita Federal, l'administration fiscale fédérale. Il représente plus de cinq fois le montant enregistré en 2020, à 94,9 milliards de reais. Les entreprises, et non les particuliers, expliquent l'essentiel de ces flux d'après la même source fiscale. Aucun document public de la BCB détaillant la composition des catalogues bancaires n'a été rendu disponible au-delà des éléments rapportés par Folha de S.Paulo. Les deux publications qui relaient l'information s'appuient sur ce même travail de presse brésilien.


