Que s'est-il passé le 12 août 2026 ?
Une panne de routage chez TeraSwitch, premier hébergeur de validateurs du réseau, a mis hors ligne près de 29 % du stake de Solana. La production de blocs s'est poursuivie et les transactions ont continué d'être inscrites, écrit la fondation dans un billet publié le 14 septembre 2026. L'hébergeur a rétabli son service en un peu plus de trente minutes. DevNet, le réseau de test sur lequel les développeurs déploient avant la production, a perdu environ les trois quarts de son stake dans le même incident. Il est reparti sans redémarrage coordonné des validateurs.
Pourquoi le poids d'un hébergeur compte-t-il autant ?
Solana valide ses blocs par preuve d'enjeu, un mécanisme où le poids d'un validateur dépend des jetons SOL qui lui sont délégués plutôt que de sa puissance de calcul. Le principe est détaillé dans notre fiche sur le fonctionnement de la preuve d'enjeu. Quand un même prestataire technique héberge une part importante de ce stake, sa défaillance retire d'un coup une fraction du consensus, où que soient ses clients. L'an dernier, TeraSwitch hébergeait 38 % du stake, indique la fondation. Ses équipes disent avoir travaillé à ramener cette part sous 30 % avant l'incident d'août, ce qui a selon elles permis au réseau de continuer à tourner.
Quels chiffres de fiabilité Solana met-il en avant ?
Le billet compare la disponibilité du réseau à celle d'infrastructures classiques du logiciel et du cloud.
| Service | Disponibilité citée |
|---|---|
| Solana, depuis février 2024 | 100 % |
| AWS us-east-1, sur les deux dernières années | environ 99,91 % |
| GitHub, engagement contractuel | 99,9 % |
Ces chiffres sont ceux de la fondation, qui les publie elle-même et ne fait état d'aucune vérification par un tiers. Le réseau a connu plusieurs arrêts dans ses premières années, après son lancement en 2020. Deux correctifs sont rappelés : l'augmentation de la capacité de connexion des validateurs accompagnée du mécanisme SWQoS, qui priorise le trafic selon le stake, et la refonte de l'ordonnanceur de transactions, qui récompensait l'envoi répété d'une même transaction.
Quelles évolutions techniques sont annoncées ?
La fondation liste les chantiers en cours ou livrés :
- durée des slots ramenée à 300 ms, avec 200 ms visés ensuite
- coût de stockage sur la chaîne, le rent, réduit de 90 %
- transactions de plus grande taille, pour des preuves plus lourdes
- Alpenglow, qui doit abaisser la finalité à 150 ms, annoncé sur le réseau principal d'ici la fin de l'année
- un premier palier de 5 000 transactions utilisateur par seconde en continu, atteint peu après l'incident TeraSwitch
La finalité désigne le délai au bout duquel une transaction est considérée comme irréversible. Aucune date précise n'est donnée pour Alpenglow, et les échéances annoncées par un protocole se déplacent souvent.
Que ne dit pas ce bilan ?
La disponibilité mesurée porte sur la couche de base. Elle ne dit rien de la sécurité des applications déployées dessus, comme l'a montré le vol de 285 millions de dollars sur Drift Protocol, dont le code et non le réseau était en cause. La fondation évoque sur ce point STRIDE, un programme lancé cette année avec Asymmetric Research, qui propose des évaluations de sécurité indépendantes, la publication des constats et un suivi des menaces pour les protocoles éligibles. Le billet avance enfin 17,5 milliards de dollars de stablecoins et plus de 4 milliards de dollars d'actifs du monde réel présents sur la chaîne, et cite Western Union, Franklin Templeton, MoneyGram, SoFi et BlackRock parmi ses utilisateurs professionnels. Aucun détail n'est fourni sur la nature ni le volume des activités de ces entreprises sur le réseau.


