Que contient la dernière mise à jour du registre ?
L'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a publié le 21 août 2026 une nouvelle version de son registre MiCA. Le fichier des prestataires de services sur crypto-actifs, les CASP dans le vocabulaire du règlement, en compte 331 dans l'ensemble de l'Union. Selon Cointelegraph, qui a comparé cette version à celle du 12 août, les six entrées ajoutées sont toutes allemandes et toutes des banques coopératives :
- Raiffeisenbank Aidlingen
- Ihre Volksbank
- VR-Bank Mittelfranken Mitte
- Volksbank Euskirchen
- VR Bank Ried-Überwald
- Volksbank Backnang
L'ESMA met ce registre à jour chaque semaine. Les informations qu'il contient lui sont transmises par les autorités nationales compétentes et par l'Autorité bancaire européenne, ce qui explique qu'un agrément accordé dans un État membre n'apparaisse pas immédiatement au niveau européen.
Pourquoi l'Allemagne compte-t-elle autant d'agréments ?
Avec ces six ajouts, l'Allemagne atteint 79 CASP agréés. Le pays devance nettement les deux suivants.
| Pays | Prestataires agréés |
|---|---|
| Allemagne | 79 |
| France | 35 |
| Pays-Bas | 29 |
Le total allemand s'élevait à 57 fin juin, toujours d'après les données de l'ESMA examinées par Cointelegraph. La BaFin, le superviseur financier allemand, avait expliqué en juin à ce même média que ce niveau tenait d'abord à la taille du secteur financier national et au nombre d'établissements de crédit en mesure de proposer des services sur crypto-actifs. Elle avait aussi cité le régime d'agrément national qui existait avant MiCA et qui a ouvert à certains acteurs une procédure simplifiée pendant la transition. La situation française, où plusieurs plateformes ont dû revoir leur présence, fait l'objet d'un point détaillé sur les acteurs concernés en France.
Que couvre exactement MiCA ?
Entré en vigueur en juin 2023, le règlement Markets in Crypto-Assets établit des règles de marché uniformes dans l'Union pour les crypto-actifs qui n'étaient pas déjà couverts par la législation financière existante. Il porte sur la transparence, l'information du public, l'agrément et la supervision des acteurs. Un émetteur qui offre un crypto-actif au public doit publier un document d'information, le white paper. L'ESMA rappelle un point qui limite la portée de son registre : les white papers qui y figurent n'ont été examinés ni approuvés par aucune autorité compétente d'un État membre, et leur contenu relève de la seule responsabilité de l'émetteur. Un jeton listé au registre n'est donc pas un jeton validé par un régulateur.
Que disent les autres volets du registre ?
Les trois autres fichiers publiés par l'ESMA n'ont pas bougé lors de cette mise à jour. Le registre des émetteurs de jetons se référant à un ou plusieurs actifs, les ART, reste vide. Celui des émetteurs de jetons de monnaie électronique, les EMT, adossés à une seule monnaie officielle, compte 43 entrées. La liste des entités non conformes, celles qui fournissent des services sur crypto-actifs sans respecter le règlement, reste à 167 noms. Cette dernière liste est l'outil le plus direct pour un particulier : elle recense des acteurs signalés par les superviseurs nationaux. Passer par un service établi hors de l'Union reste possible, mais fait sortir l'utilisateur du champ des protections prévues par MiCA, une question traitée dans notre analyse des règles applicables aux portefeuilles hébergés hors de France. Pour les acteurs enregistrés, le comparatif des plateformes accessibles depuis la France donne le paysage actuel.
Quelles échéances techniques restent devant les acteurs ?
Les obligations de format se déploient en parallèle des agréments. Les exigences de mise en forme des white papers, dont l'usage du format iXBRL destiné à rendre le document lisible par une machine, s'appliquent depuis le 23 décembre 2025. Pour les carnets d'ordres et la conservation des enregistrements, l'ESMA a publié le 28 novembre 2025 un schéma JSON standardisé couvrant ordres et transactions. Les autorités nationales prévoient de commencer à réclamer les données dans ce format dans les six mois suivant cette publication. Le registre lui-même reste diffusé sous forme de fichiers csv jusqu'à son intégration dans les systèmes informatiques de l'ESMA, prévue à la mi-2026.


