Le Pakistan a ouvert le 22 août le portail par lequel les entreprises de cryptomonnaies doivent demander l'autorisation d'exercer dans le pays. La Pakistan Virtual Assets Regulatory Authority, ou PVARA, laisse une fenêtre de deux semaines aux acteurs déjà en activité. Passé le 5 septembre, continuer sans avoir déposé de dossier constitue une infraction. PVARA est le régulateur sectoriel institué par le Virtual Assets Act, texte adopté par le parlement pakistanais en mars selon Cointelegraph. L'autorité avait été créée une première fois par une ordonnance de juillet 2025 avant de devenir un organe permanent. Les règles d'application ont été arrêtées le 21 août, la veille de l'ouverture du portail.
Qui doit déposer un dossier avant le 5 septembre ?
Les prestataires de services sur actifs virtuels qui opéraient au Pakistan le 5 mars ou avant. Ils doivent demander un no objection certificate, une approbation préliminaire qui précède la licence complète et permet notamment de constituer une filiale locale. Le dispositif vise aussi bien les sociétés établies dans le pays que celles qui servent le marché pakistanais depuis l'étranger. Un dossier déposé n'équivaut pas à une autorisation. Les entreprises qui postulent peuvent poursuivre leur activité pendant l'examen, mais PVARA se réserve le droit de leur imposer des restrictions durant cette période. Celles qui ne déposent rien doivent interrompre l'ensemble des services concernés.
| Étape | Date |
|---|---|
| Activité antérieure prise en compte | 5 mars |
| Consultation publique | 11 juin au 2 juillet |
| Adoption des règles d'application | 21 août |
| Ouverture du portail | 22 août |
| Date limite de dépôt | 5 septembre |
Quelles activités entrent dans le champ ?
Le cadre découpe le secteur en dix catégories d'activités, d'après CryptoBriefing, chacune avec ses exigences propres. Le périmètre recensé par Cointelegraph couvre notamment :
- les plateformes d'échange et les services de conservation
- le courtage et les produits dérivés
- le prêt et la gestion d'actifs
- l'émission de jetons et les services liés au minage
Un lecteur qui utilise déjà une plateforme d'échange grand public retrouvera dans cette liste la plupart des services qu'il connaît. Le prêt d'actifs numériques, que des protocoles comme Aave pratiquent de façon décentralisée, figure aussi parmi les catégories réglementées.
Qu'est-ce que cela change pour les clients des plateformes ?
Deux obligations touchent directement les avoirs déposés. Les prestataires licenciés devront séparer les fonds de leurs clients de leurs propres actifs. Ils ne pourront ni prêter ni nantir ces avoirs sans consentement écrit préalable, une règle que CryptoBriefing étend explicitement à la mise en jeu des fonds clients, ou staking. Le reste du texte porte sur la gouvernance, la conduite de marché, la cybersécurité, la résilience opérationnelle et la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Ces exigences ne s'appliqueront qu'aux acteurs effectivement autorisés. Pendant la phase transitoire, une plateforme peut donc continuer d'opérer sans que PVARA ait validé ses procédures, et rien n'indique à ce stade combien de dossiers seront acceptés.
Comment une nouvelle société peut-elle entrer sur le marché ?
Le portail ne sert pas qu'aux acteurs en place. PVARA a retenu deux voies. La première est le NOC, pour les sociétés qui préparent leur implantation au Pakistan et peuvent l'obtenir avant même de s'immatriculer localement. La seconde est un bac à sable réglementaire, qui permet de tester un produit sous la supervision de l'autorité avant de demander une licence complète. Ce cadre final fait suite à une consultation publique menée entre le 11 juin et le 2 juillet.
Où en sont Binance et HTX ?
Les deux plateformes ont obtenu un NOC dès décembre 2025, ce qui les autorise à créer une filiale locale et à préparer leur demande de licence complète. Cette procédure peut désormais avancer, puisque les règles d'application sont publiées. L'accès au système bancaire constitue l'un des enjeux du dispositif. La State Bank of Pakistan a autorisé les banques à ouvrir des comptes aux prestataires licenciés, y compris des comptes de cantonnement destinés à l'argent des clients, rapporte Cointelegraph. Le président de PVARA, Bilal bin Saqib, décrit le passage d'un marché non régulé à un régime structuré, censé faire entrer les actifs virtuels dans l'économie formelle du pays. Les frontières de ce marché formel dépendront des dossiers déposés d'ici au 5 septembre.


