Que s'est-il passé sur Liquid ?
Le compte officiel du Liquid Network a signalé dimanche 6 septembre 2026 un incident de sécurité sur le portefeuille de sa fédération. Environ 4 000 BTC en sont sortis, soit à peu près 320 millions de dollars au cours de ce jour. Blockstream, qui construit et maintient le réseau, dit chercher à joindre les auteurs du retrait par un message signé publié sur la chaîne. Bitcoin Magazine chiffre l'opération à 4 019,4 BTC et rapporte l'état de la page de preuve de réserves de Blockstream après coup.
| Réserve de la fédération | Montant |
|---|---|
| Avant le retrait | plus de 4 200 BTC |
| Sorti en une transaction | 4 019,4 BTC |
| Solde constaté ensuite | un peu plus de 207 BTC |
Qu'est-ce que le Liquid Network ?
Liquid est une sidechain de Bitcoin, c'est-à-dire une chaîne séparée reliée à la chaîne principale par un mécanisme d'aller-retour. Lancée en 2018 avec Bitfinex, OKCoin, BitMEX et SIX Digital Exchange parmi ses premiers participants, elle visait des transferts plus rapides et plus confidentiels entre plateformes et courtiers. Elle émet le L-BTC, adossé à des bitcoins déposés sur la chaîne principale. Ces BTC dorment dans un portefeuille multisignature détenu par 15 membres identifiés, et il faut 11 signatures sur 15 pour en déplacer le contenu. C'est ce coffre commun qui a été vidé.
Comment les fonds sont-ils sortis ?
Blockstream indique que le retrait est passé par la Peg-out Authorization Key de SideSwap, une plateforme d'échange membre de la fédération, et affirme qu'aucune clé n'a été compromise. Le mécanisme exact n'est pas établi. Bitcoin Magazine avance l'hypothèse, qu'il présente comme non confirmée, d'un bug d'inflation ayant permis de créer des L-BTC sans contrepartie avant de les échanger contre des BTC de la réserve. La transaction paraissant valide, les serveurs de signature des membres l'ont approuvée. Le fonctionnement rappelle celui des ponts entre chaînes, dont la logique et les points de rupture sont détaillés dans notre fiche sur les bridges crypto. En avril 2026, le hack de Kelp DAO et ses 293 millions de dollars avait déjà visé cette couche d'infrastructure.
Qu'est-ce qui est à l'arrêt ?
Les nœuds de pont ont été désactivés, ce qui gèle l'entrée et la sortie de la sidechain. Celle-ci continue de produire des blocs mais n'accepte plus de nouvelles transactions. Les plateformes ont été prévenues et les dépôts comme les retraits de L-BTC sont suspendus. D'après le réseau, les autres actifs émis sur Liquid ne sont pas touchés :
- l'USDT, dont le stockage est traité dans notre comparatif des portefeuilles pour Tether
- le DePix
- les actifs du monde réel tokenisés
Samson Mow, fondateur et dirigeant de JAN3, société éditrice du portefeuille Aqua, a indiqué que les fonctions Liquid d'Aqua sont affectées et que les transactions Bitcoin y fonctionnent normalement.
Que risquent les détenteurs de L-BTC ?
Tant que les ponts restent fermés, un L-BTC ne peut pas être échangé contre le bitcoin qui l'adosse. Les détenteurs n'ont pas de recours immédiat et dépendent de la restitution des fonds et de la remise en route décidées par la fédération. La confidentialité des transactions sur Liquid limite par ailleurs l'analyse publique de la chaîne, si bien que la répartition des L-BTC entre particuliers et entreprises reste inconnue.
Que disent les messages échangés sur la chaîne ?
Les fonds ont été déplacés vers une adresse dont l'auteur du retrait a ensuite signé une transaction portant, dans le champ de données libre OP_RETURN, la mention qu'il s'agit de white hats et une invitation à le contacter sur la chaîne. Une petite transaction envoyée à cette adresse renvoie vers un contact par courriel, sans que son émetteur soit confirmé. Bitcoin Magazine relève un troisième message pointant vers un compte Signal, qu'il juge possiblement parasite. À ce stade, rien ne confirme l'identité des auteurs ni un engagement de leur part. Les bitcoins étaient toujours sur cette adresse au moment de la publication des deux récits.


