Qu'est-ce qu'Arc, la chaîne que Chainalysis vient d'ajouter ?

Chainalysis, éditeur d'outils d'analyse de transactions utilisés par les plateformes et les autorités, a annoncé le 16 septembre 2026 la prise en charge d'Arc. Arc est une blockchain de couche 1 compatible EVM, c'est-à-dire capable d'exécuter les mêmes contrats intelligents qu'Ethereum, et intégrée directement à la plateforme de Circle, l'émetteur de l'USDC. Sa particularité tient au carburant. Sur Arc, les frais de transaction se règlent en stablecoins, en commençant par l'USDC, là où la plupart des réseaux imposent leur jeton natif. L'utilisateur qui paie un transfert n'a donc pas besoin de détenir un actif volatil à côté de ses dollars numériques, ce qui suppose en revanche de conserver des USDC sur un portefeuille adapté. Chainalysis décrit une chaîne conçue pour une finalité inférieure à la seconde et un débit de plus de 3 000 transactions par seconde. Ces chiffres sont ceux de la conception annoncée, l'annonce ne fournit aucune mesure relevée en production. Arc étant une couche 1 autonome, elle ne dépend pas d'Ethereum pour sa sécurité, contrairement aux Layer 2 qui inscrivent un résumé de leurs transactions sur Ethereum.

Que signifie le suivi automatique des jetons ?

L'intégration couvre automatiquement les nouveaux jetons fongibles et non fongibles déployés sur Arc, dès lors qu'ils respectent les standards ERC-20 et ERC-721. Les jetons créés chaque jour entrent dans la plateforme sans intervention manuelle. Le point est opérationnel. Quand un jeton doit être référencé à la main, il circule pendant ce temps hors du champ des outils de surveillance. Un référencement automatique réduit cette fenêtre.

Quels produits couvrent désormais Arc ?

Trois briques de la gamme Chainalysis intègrent la chaîne :

  • KYT (Know Your Transaction), qui génère des alertes et assure une surveillance continue des transactions,
  • les produits de filtrage d'entités, qui vérifient à qui appartient une adresse,
  • Reactor, l'outil d'investigation qui sert à retracer les flux de fonds, visualiser les mouvements et identifier une activité potentiellement illicite.

Les destinataires sont les équipes conformité des plateformes d'échange, des établissements financiers et les enquêteurs qui suivent des fonds sur une chaîne. Pour Circle, dont l'USDC sert de carburant à Arc, la présence des outils d'analyse les plus répandus sur le marché est un argument auprès des institutions soumises à des obligations de lutte anti-blanchiment.

Une intégration parmi d'autres cet été

Arc s'inscrit dans une série d'ajouts rapprochés annoncés par l'éditeur.

RéseauDate d'annonce
Cronos5 août 2026
HyperEVM3 septembre 2026
Arc16 septembre 2026

Le même mécanisme de couverture automatique des jetons accompagnait les deux précédentes.

Ce que l'annonce ne dit pas

Le communiqué ne donne aucun chiffre d'usage : ni nombre de transactions traitées sur Arc, ni volume en USDC, ni nombre d'adresses actives. Il ne précise pas davantage le stade d'ouverture du réseau ni son traitement réglementaire en Europe. La portée de l'information doit aussi être mesurée à sa source. Il s'agit d'une annonce commerciale de Chainalysis, et la qualité réelle de la détection sur une chaîne récente ne se vérifie pas depuis l'extérieur. Surveiller des flux ne dit rien de la solidité technique du réseau ni de la nature des jetons qui y sont émis, un jeton référencé automatiquement n'ayant fait l'objet d'aucun examen de la part de l'éditeur. Chainalysis indique que ses clients peuvent, depuis l'annonce, suivre les jetons d'Arc via KYT et enquêter sur les transactions du réseau dans Reactor.