Qu'a annoncé la société mère de Kraken ?
Payward, maison mère de la plateforme d'échange Kraken et enregistrée dans le Wyoming, a annoncé lundi rejoindre Project Glasswing, le programme de cybersécurité d'Anthropic. L'accord lui ouvre l'accès à Claude Mythos 5, un modèle conçu pour analyser du code à grande échelle, repérer des vulnérabilités logicielles et aider les développeurs à les corriger. Le déploiement doit intervenir dans les prochaines semaines sur les environnements internes de l'entreprise. Les failles remontées par le modèle seront transmises aux équipes de sécurité, qui les traiteront dans le cadre du programme déjà en place. Payward précise que les vulnérabilités détectées dans des logiciels open source tiers seront signalées aux mainteneurs des projets concernés.
Qu'est-ce que Project Glasswing ?
Anthropic a lancé Glasswing en avril 2026, avant de l'étendre en juin à des organisations de la technologie et de la finance. Le programme autorise des entreprises sélectionnées à utiliser des modèles de pointe autrement restreints, pour défendre des logiciels et des infrastructures jugés critiques. Parmi les participants déjà identifiés par CoinDesk :
- Amazon Web Services, Apple, Google et Microsoft du côté technologique
- JPMorganChase du côté financier
- Payward, première entreprise crypto à rejoindre le programme selon Decrypt
L'accès à Mythos 5 reste réservé aux organisations qui exploitent ou défendent des infrastructures critiques, le temps qu'Anthropic mette au point les garde-fous d'une diffusion plus large. Payward indique que le gouvernement américain a rendu le modèle disponible aux organisations américaines chargées de ces infrastructures. Decrypt écrit que les partenaires du programme ont identifié depuis son lancement des milliers de vulnérabilités de sévérité élevée ou critique.
Pourquoi les entreprises crypto réclamaient cet accès ?
La semaine précédant l'annonce, plus de 40 entreprises du secteur Bitcoin et crypto, Kraken parmi elles, ont adressé une lettre ouverte à Anthropic, OpenAI et à d'autres laboratoires d'intelligence artificielle. Elles y demandaient l'ouverture de programmes d'accès de confiance aux défenseurs qualifiés, afin de disposer des mêmes outils que les attaquants potentiels. Payward défend l'idée que les plateformes crypto affrontent des contraintes comparables à celles des autres infrastructures financières. Places de marché, systèmes de conservation et rails de règlement fonctionnent sans interruption et concentrent des montants qui en font des cibles rentables. « Un attaquant n'a qu'une faille à trouver, un défenseur doit toutes les trouver, en premier, chaque jour », déclare dans le communiqué Arjun Sethi, co-directeur général de Payward, qui présente les modèles de pointe comme le premier moyen d'inverser ce déséquilibre.
Ce que l'annonce ne permet pas de vérifier
Aucun chiffre n'accompagne l'annonce du côté de Payward : ni nombre de systèmes concernés, ni failles déjà découvertes, ni calendrier détaillé au delà des prochaines semaines. Les deux comptes rendus disponibles reposent sur la communication de l'entreprise, sans document d'Anthropic ni audit externe publié. Un outil de détection automatisé ne dit rien de la sécurité effective des fonds déposés sur une plateforme centralisée, dont l'infrastructure reste opaque vue de l'extérieur. Le piratage récent de Coldcard, documenté par CoinDesk, rappelle qu'un défaut logiciel resté invisible plusieurs années peut suffire à ouvrir une brèche de grande ampleur. Kraken n'est pas concerné par cet épisode, mais il illustre le type de faille dormante que ce genre d'analyse de code vise à faire remonter. L'intelligence artificielle progresse aussi du côté offensif. Elle donne aux attaquants des moyens de repérer des vulnérabilités plus vite, d'automatiser des attaques et de rendre les campagnes d'hameçonnage et d'ingénierie sociale plus crédibles, ce qui alimente la course au déploiement des mêmes technologies en défense.


