Qu'ont voté les validateurs de Solana ?
Le scrutin, pondéré par le stake, s'est clos le 28 août. Selon Decrypt, il s'agit du premier vote de gouvernance contraignant organisé directement sur la chaîne, à travers le système des Solana Governance Proposals, qui permet aux validateurs et à ceux qui leur délèguent des jetons de se prononcer on-chain. Trois textes étaient réunis dans le même paquet, et ils n'ont pas connu le même sort.
| Proposition | Objet | Résultat |
|---|---|---|
| SGP-0001 | Constitution de Solana | Ratifiée, 86 % de soutien |
| SGP-0002 | Doublement de la désinflation | Adoptée, 67,0 % |
| SGP-0003 | Frais de ressource et d'inclusion | Rejetée |
SGP-0002 est passée de justesse. Decrypt rapporte 67,0 % de voix favorables pour un seuil requis de 66,67 %, soit 176,29 millions de SOL pour et 66,19 millions contre, sur 1 326 votes et un quorum de 60,7 %. La plateforme Kraken a voté contre pendant tout le dépouillement avant de basculer en fin de scrutin.
Que change le doublement de la désinflation ?
La chaîne Solana émet de nouveaux SOL à chaque époque pour rémunérer les validateurs et leurs délégateurs. Ce rythme d'émission décroît chaque année d'un pourcentage fixe, le taper. Le vote le fait passer de 15 % à 30 % par an. Le plancher d'émission de 1,5 % serait ainsi atteint en 2029 au lieu de 2032, toujours selon Decrypt. Le texte technique correspondant, SIMD-0550, a été déposé sur le dépôt des Solana Improvement Documents. Il active une barrière de fonctionnalité permanente, nommée double_disinflation_rate, qui fixe le taper à 0,30 au slot d'activation. Cette barrière est conservée définitivement pour que le rejeu de la chaîne depuis le bloc de genèse reste déterministe. Le changement touche le consensus. Le bank hash intègre la valeur du taper, ce qui oblige chaque implémentation de client à calculer des récompenses d'époque identiques au bit près après l'activation, sous peine de diverger de la chaîne canonique. Le processus SIMD impose d'ailleurs l'approbation d'au moins un membre d'Anza et d'un membre de l'équipe Firedancer, le second client validateur avant toute fusion. La proposition avance une baisse d'émission de 18,9 millions de SOL, soit 2,6 %. La revue automatique du dépôt a relevé que cette estimation provient d'un message de forum non lié dans le document, qui ne fournit donc pas de référence autonome pour ce chiffre.
Pourquoi la refonte des frais a-t-elle échoué ?
SGP-0003 reprenait SIMD-0553, qui proposait de découper les frais actuels de 5 000 lamports par signature, aujourd'hui répartis à parts égales entre destruction et rémunération du leader. Le texte prévoyait deux composantes :
- des frais d'inclusion de base, 2 500 lamports par signature, versés intégralement au leader,
- des frais de ressource, égaux au coût pré-exécution de la transaction multiplié par un taux initial de 0,5, intégralement détruits.
L'objectif affiché était de lier la destruction de SOL à la consommation réelle de ressources. Les transactions peu gourmandes, comme les votes ou les mises à jour d'oracles, auraient payé un peu moins qu'aujourd'hui, les transactions lourdes sans frais de priorité beaucoup plus. L'auteur estimait la destruction quotidienne entre 7 500 et 9 000 SOL, contre environ 648 SOL aujourd'hui. Les échanges de revue sur le dépôt montrent des désaccords non résolus, notamment sur le traitement des votes avant et après Alpenglow, sur l'usage des unités de coût comme référence de tarification et sur le multiplicateur de 0,5. Un relecteur d'Anza signalait en juin un manque d'alignement sur ces points.
Ce que cela change pour ceux qui délèguent leurs SOL
Les récompenses versées aux délégateurs proviennent pour l'essentiel de cette émission. Réduire son rythme diminue mécaniquement le volume de SOL créé et distribué chaque année, et aucun taux servi par un validateur donné n'est garanti à l'avance, comme le rappelle notre page sur les rendements et les risques du staking de SOL. L'entrée en vigueur ne découle pas du vote seul. Elle passe par l'activation de la barrière de fonctionnalité dans les clients validateurs, une étape distincte du scrutin, dont le texte doit encore franchir le circuit d'approbation du dépôt.


