Kraken a annoncé le 4 septembre 2026 le lancement de son Liquidity Provider Program, un dispositif à cinq paliers destiné aux sociétés qui alimentent ses carnets d'ordres. Le programme couvre trois marchés de la plateforme : le spot, les futures et xStocks, le volet que Kraken rattache aux marchés de capitaux. La contrepartie prend la forme de rebates maker, c'est-à-dire de commissions négatives. Un participant qui place des ordres restant dans le carnet, et qui apporte donc de la liquidité, est rémunéré par la plateforme au lieu d'être facturé. Rien à voir avec les pools de liquidité de la finance décentralisée, où les fonds sont déposés dans un contrat automatisé.
Combien rapporte le dernier palier ?
Kraken publie les rebates maximaux atteints au sommet de l'échelle, soit le palier LP 5.
| Marché | Rebate maker au dernier palier |
|---|---|
| Spot | -0,005 % |
| Futures | -0,006 % |
| xStocks | -0,020 % |
Ces taux sont ceux communiqués par la plateforme. Ils dépendent des conditions du programme et des paliers, réévalués tous les 30 jours, et rien n'assure qu'un participant conserve son niveau d'un mois sur l'autre. Ils n'ont rien de commun avec les tarifs appliqués aux clients particuliers, que détaille notre analyse de la grille tarifaire de Kraken.
Sur quoi repose la qualification ?
Le critère s'appelle Maker Contribution Share. Il mesure la part que représente un acteur dans le volume maker total de Kraken, calculée sur 30 jours glissants, sur le spot, les futures ou les dérivés américains. La plateforme oppose ce mécanisme aux programmes concurrents qui exigent un volume notionnel minimum, parfois plusieurs centaines de millions de dollars, avant même de pouvoir candidater. Kraken indique qu'un acteur de taille intermédiaire opérant sur un marché peu profond peut franchir un seuil de part inférieur à 1 % et décrocher un palier réel. La qualification s'obtient indépendamment sur le spot ou sur les futures : atteindre le seuil sur les futures suffit à obtenir le palier, même si l'activité spot est faible. Une seule échelle vaut pour les trois marchés, sans paliers séparés à maintenir. C'est un des arguments que la plateforme oppose à ses rivales, un terrain que nous avons déjà exploré dans notre comparatif entre Kraken et Binance.
Quelles souplesses le programme prévoit-il ?
Trois mécanismes de tolérance figurent dans l'annonce :
- une période de grâce de deux mois au lancement, pendant laquelle le palier initial est attribué d'après le volume et la part de volume constatés à l'instant, et non sur la fenêtre glissante,
- deux exceptions de performance par année civile, non consécutives, à demander avant la fin de la période, qui prolongent le palier d'une fenêtre d'évaluation de 30 jours,
- un essai d'une semaine au niveau LP 3 pour les nouveaux candidats, dont les résultats déterminent ensuite le palier de départ.
Kraken justifie ces aménagements par la rigidité des programmes concurrents, qui imposent selon elle une requalification mensuelle stricte sans échappatoire publiée.
Que recouvre l'accès au crédit ?
À partir du palier LP 3, un participant devient éligible à une ligne de crédit. Les conditions ne sont pas publiques : elles sont négociées au cas par cas avec l'équipe institutionnelle de la plateforme. L'accès découle du palier, sans négociation séparée. Kraken souligne que peu de programmes concurrents intègrent le crédit dans leurs niveaux, et cible les sociétés qui déploient des stratégies inter-actifs ou portent des stocks d'actifs.
Qui est concerné ?
Le dispositif ne s'adresse pas aux particuliers, mais aux sociétés de trading qui cotent déjà en continu sur la plateforme. Kraken affirme que celles qui le font remplissent presque certainement les critères du premier palier. L'ensemble des éléments provient de la communication de Kraken, sans document indépendant permettant de vérifier les seuils de part de volume, qui ne sont pas chiffrés palier par palier dans l'annonce. Sur son propre site, la plateforme rappelle par ailleurs que le régulateur britannique classe l'investissement en cryptoactifs parmi les placements à haut risque, sans couverture du fonds de compensation ni recours devant le médiateur financier du pays.


