Near Protocol a traité plus de 6 milliards de dollars via son protocole d'Intents, un système d'abstraction de chaîne qui fonctionne sur plus de 120 actifs différents. En Q3 2025, le réseau est passé de 8 à 9 shards, augmentant sa capacité de traitement de 12,5 %. Near n'est plus le "Ethereum killer" dont personne ne parle. C'est devenu un réseau avec une vision propre, centrée sur l'abstraction de chaîne et l'IA décentralisée.

L'abstraction de chaîne : utiliser la crypto sans savoir quelle blockchain

Le plus gros problème de la crypto pour les utilisateurs normaux, c'est la complexité. Vous voulez acheter un token ? Il faut savoir sur quelle blockchain il est, avoir le bon wallet, bridger vos fonds, payer les gas fees du bon réseau. Near veut éliminer tout ça avec l'abstraction de chaîne.

L'idée : vous exprimez une intention ("j'achète ce token", "j'envoie 100 $ à Alice"), et le protocole s'occupe du reste. Il trouve la meilleure route, traverse les blockchains nécessaires, et exécute la transaction. Vous n'avez pas besoin de savoir si le token est sur Ethereum, Arbitrum, ou Solana. C'est comme envoyer un email sans se soucier du protocole SMTP derrière.

Le protocole NEAR Intents a déjà été intégré par plusieurs plateformes et a traité des milliards de volume. Pour 2026, l'objectif est d'intégrer encore plus de blockchains et d'augmenter le volume de transactions. Si ça fonctionne à grande échelle, c'est potentiellement la fin du problème de fragmentation qui handicape la crypto depuis des années.

Le sharding dynamique de Near

Near utilise le Nightshade sharding, où le réseau est divisé en fragments (shards) qui traitent les transactions en parallèle. Le passage à 9 shards en 2025, avec le système Resharding V3, permet au réseau de s'adapter dynamiquement à la charge. Si un shard est surchargé, il peut se diviser. Si la charge diminue, les shards peuvent fusionner.

Un scheduler de bande passante cross-shard a aussi été déployé pour gérer le transfert de données entre shards. C'est un problème technique que Polkadot et Ethereum essaient aussi de résoudre, chacun à leur manière. Near a l'avantage d'avoir le sharding en production depuis plus longtemps que ses concurrents.

Near et l'IA décentralisée

Near se positionne comme "la blockchain pour l'IA". Le concept de User-Owned AI veut que les utilisateurs contrôlent leurs agents IA et leurs données, au lieu de les confier à Google ou OpenAI. Pour 2026, Near développe un Confidential Computing Stack, une infrastructure de calcul confidentiel pour des applications IA et DeFi sécurisées.

Je suis sceptique sur le marketing "blockchain + IA". Beaucoup de projets utilisent l'IA comme buzzword sans substance technique. Mais Near a des arguments : Illia Polosukhin, le co-fondateur, est co-auteur du paper "Attention is All You Need" qui a créé l'architecture Transformer utilisée par GPT. Ce n'est pas un projet crypto qui découvre l'IA. C'est un chercheur en IA qui a construit une blockchain.

Staking NEAR et rendements

Le staking de NEAR rapporte environ 9-11 % d'APR selon les validateurs. C'est compétitif comparé à Ethereum (3-4 %) ou Solana (6-7 %). Le unstaking prend environ 52 heures, ce qui est plus court que les 21 jours de Cosmos ou Injective.

L'écosystème DeFi sur Near existe mais reste limité comparé aux chaînes EVM. Si vous êtes habitué à la richesse des protocoles sur Ethereum ou Arbitrum, vous trouverez Near un peu vide. Mais c'est aussi un avantage : moins de protocoles signifie moins de risques de hacks et d'exploits, et les early adopters sont souvent récompensés par des airdrops.

Mon avis

Near a une vision cohérente et une équipe technique de premier plan. L'abstraction de chaîne est un vrai problème qui mérite d'être résolu, et Near est le projet le plus avancé sur ce front. L'angle IA est intéressant mais reste à prouver. Le risque, c'est que l'adoption reste insuffisante pour justifier la valorisation. Near a la tech. Il lui manque les utilisateurs.

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