Qu'a changé Solana exactement ?
Le bloc 440 208 000, au début de l'epoch 1 019, a ouvert la baisse. Après environ un an passé à 400 millisecondes par slot, Solana a visé 350 ms, puis 250 ms, avec un objectif affiché de 200 ms. Un slot est l'intervalle pendant lequel un validateur désigné à l'avance par le calendrier de production a le droit de fabriquer un bloc. Le raccourcir accélère la chaîne et laisse moins de temps à chaque producteur. La Fondation Solana a publié le 28 septembre 2026 les effets déjà visibles sur la chaîne. Elle rappelle que la répartition géographique des validateurs et le mécanisme de Proof of History ont longtemps rendu ces cibles basses difficiles à tenir.
Le réseau manque-t-il davantage de blocs ?
Non. Le taux de slots manqués reste stable et faible, et la Fondation le décrit comme non corrélé à la réduction du temps de slot. Deux causes produisent un slot manqué : le validateur programmé est hors ligne, ou le bloc qu'il propose appartient à une branche que le consensus abandonne ensuite. Seule la seconde dépend de la durée du slot. En découpant par continent, deux enchaînements de leaders ressortent comme critiques, Asie vers Océanie et Europe vers Océanie. La Fondation refuse d'en tirer une conclusion : à 250 ms, elle ne dispose que de 7 observations pour le premier cas et de 35 pour le second, un échantillon trop mince pour écarter le hasard statistique. Elle annonce surveiller ce point.
Combien de temps la chaîne reste-t-elle sans avancer ?
Un taux de slots manqués stable combiné à des slots plus courts raccourcit mécaniquement les périodes pendant lesquelles aucun bloc canonique n'est produit. Ce temps mort consécutif se termine dès qu'un slot suivant s'inscrit dans la chaîne retenue.
| Mesure | Avant la réduction | Après |
|---|---|---|
| Temps mort consécutif dominant | plus de 1 800 ms | 1 200 à 1 400 ms |
| p99 de l'intervalle de leadership continu | environ 3 s | environ 2 s |
| Taux de slots manqués | stable et faible | stable et faible |
Pourquoi les votes arrivent-ils plus tard ?
La latence de vote a augmenté à chaque activation d'une nouvelle cible. Sur Solana, les votes des validateurs sont des transactions qui doivent s'inscrire sur la chaîne, et un slot plus court leur laisse moins de marge. Les nœuds situés en Asie et en Amérique du Sud sont les plus touchés. La Fondation juge l'effet sans conséquence tangible sur le consensus : la moyenne du réseau reste nettement sous 2 slots, ce qui signifie qu'un vote pour le slot N arrive toujours dans le slot N+1. Avec Alpenglow, les votes deviendront des messages directs entre validateurs, la preuve de vote étant collectée sur 8 slots. La moyenne masque toutefois les situations individuelles. Les crédits de vote, qui déterminent les récompenses des validateurs et de ceux qui leur délèguent leurs SOL, diminuent quand un vote arrive trop tard. La probabilité d'en perdre a globalement baissé, mais les validateurs les plus dotés en stake en perdent proportionnellement moins que les petits. Déléguer à un petit validateur mal placé géographiquement expose donc à une perte de crédits que la moyenne du réseau ne laisse pas voir.
Qu'est-ce que ça change pour l'ordonnancement des transactions ?
Le p99 de l'intervalle de leadership continu maximal passe d'environ 3 secondes à environ 2 secondes. Concrètement, un même validateur garde la main moins longtemps sur l'ordre des transactions. La Fondation y voit une réduction substantielle de la fenêtre disponible pour extraire de la valeur aux utilisateurs, le terrain sur lequel se jouent le partage des revenus de MEV avec les délégateurs.
Où en est la cible de 200 ms ?
La hausse de la latence de vote conduit la Fondation à recommander la prudence avant de viser 200 ms tant qu'Alpenglow n'est pas en place. Elle écrit que la discussion restante autour de cette cible relève désormais davantage de considérations philosophiques et économiques que purement techniques.


