SushiSwap est présent sur plus de 40 blockchains et reste un des DEX les plus déployés de l'écosystème. Mais l'histoire récente du protocole est mouvementée : un vote de gouvernance controversé contrôlé par un seul wallet qui détenait 99,9 % du pouvoir de vote, une augmentation des émissions de SUSHI de 1,5 % à 5 % de l'offre totale, et un token qui a chuté de plus de 95 % depuis son ATH. SushiSwap est un cas d'école en DeFi, dans le bon comme dans le mauvais sens.

Comment SushiSwap fonctionne

Le mécanisme de base est le même que celui d'Uniswap : un AMM avec des pools de liquidité. Vous déposez deux tokens dans un pool (par exemple ETH et USDC), et le protocole utilise votre liquidité pour faciliter les échanges. Chaque swap génère 0,3 % de frais. 0,25 % vont aux LPs, et 0,05 % vont au trésor du protocole (ou aux stakers de xSUSHI).

Ce qui distingue SushiSwap d'Uniswap, c'est l'agrégation. Avec Route Processor 7, lancé en mai 2025, SushiSwap ne route pas uniquement via ses propres pools. Il interroge aussi Maverick V2, Fluid, et d'autres sources de liquidité pour trouver le meilleur prix. En pratique, quand vous faites un swap sur SushiSwap, le protocole cherche automatiquement le chemin le moins cher à travers toutes les sources disponibles.

Les ordres limites et le DCA arrivent

En août 2025, SushiSwap a intégré les ordres limites et le DCA (Dollar-Cost Averaging) via le réseau Orbs sur Katana. C'est un ajout que beaucoup attendaient. Avec un ordre limite, vous pouvez dire : "J'achète de l'ETH uniquement si le prix descend à 2 500 $". Le protocole exécute automatiquement quand le prix est atteint.

Le DCA permet de programmer des achats réguliers : 100 $ d'ETH chaque lundi, par exemple. C'est une stratégie que je recommande aux débutants parce qu'elle élimine le stress du timing. Vous achetez régulièrement, et sur le long terme, votre prix d'entrée se lisse.

Le problème de gouvernance

Là où ça se complique. Un vote de gouvernance récent a approuvé le triplement du taux d'émission de SUSHI, passant de 1,5 % à 5 % de l'offre totale par an. Ça représente environ 14,25 millions de SUSHI supplémentaires par an. Le vote a été dominé par un seul portefeuille qui contrôlait 99,9 % du pouvoir de vote.

C'est tout le paradoxe de la "décentralisation" en DeFi. Le protocole est techniquement décentralisé : n'importe qui peut voter. Mais en pratique, quand un wallet contrôle la quasi-totalité du pouvoir de vote, c'est aussi centralisé qu'une décision de CEO. Les émissions supplémentaires servent officiellement au mining de liquidité et aux partenariats, mais elles diluent aussi les holders existants.

Le token SUSHI en 2026

SUSHI a perdu plus de 95 % depuis son ATH de mars 2021. Le token tourne autour de 0,20-0,25 $ début 2026. Même avec la récente hausse de 144 % sur certaines périodes, on reste très loin des niveaux historiques. La dilution liée aux nouvelles émissions ne va pas aider.

Le staking via xSUSHI vous donne une part des 0,05 % de frais de chaque swap. Avec les volumes actuels de SushiSwap, ça représente un rendement modeste. Si vous croyez au protocole sur le long terme, le staking a du sens. Mais je ne recommanderais pas d'acheter SUSHI en espérant un retour aux prix de 2021. Les fondamentaux ont changé, la concurrence s'est multipliée, et la gouvernance inspire peu confiance.

Mon avis

SushiSwap reste un bon produit. L'agrégation multi-source, le déploiement sur 40+ chaînes, les ordres limites : techniquement, c'est compétitif. Le partenariat d'audit continu avec Pashov montre que la sécurité est prise au sérieux.

Mais la gouvernance est un red flag. Un protocole DeFi dont les décisions sont contrôlées par un seul wallet n'est décentralisé que de nom. Pour utiliser SushiSwap comme DEX, allez-y. Pour investir dans le token SUSHI comme un actif long terme, je serais beaucoup plus prudent.

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